« ÉVÉNEMENT JEANNE MANCE »

 

(Photos-Montage. ICI Radio-Canada.12 mai 2012.)

(Jeanne Mance. Timbre-Poste. D’après une peinture de L. Dugardin. 1865. Musée des Hospitalières de Saint-Joseph. Montréal.)

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Décidément, le Centre le Pèlerin et ses congrégations religieuses affiliées ne sont pas en reste dans ces commémorations et célébrations du 375è de Montréal.

Dans le cadre du projet Rêver Montréal 375è, le Centre le Pèlerin et les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph nous invitaient le vendredi 19 mai au pavillon Jeanne-Mance de l’Hôtel-Dieu à un mini-colloque portant sur Jeanne Mance, co-fondatrice à égalité avec Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve.

Sous la présidence d’honneur de France Chrétien-Desmarais (présidente de la Société du 375è) et de Catherine Feuillet, Consule Générale de France, nous avons eu droit à une table-ronde qui n’était pas piqué des vers comme le disait le poète.

Jean-Paul Pizelle, le président de l’Association Langres-Montréal qui était de passage chez nous pour quelques jours afin de donner quelques conférences mais aussi pour mousser en douce son nouvel ouvrage en collaboration et intitulé Jeanne Mance. De Langres à Montréal: Une femme bâtisseuse. Un très bel ouvrage bien illustré mais encore bloqué à nos douanes canado-montréalaises au moment de sa présentation.

Si Monsieur Pizelle s’est contenté de nous présenter de façon structurée et agréable la vie pré-montréalaise de Jeanne Mance c’est-à-dire de sa naissance et de son départ de Langres (1606-1641), Louise Harel avec sa voix douce et enjoleuse nous a plutôt livré un témoignage de sa découverte, un peu sur le tard, de la personnalité de la soignante de Langres.

De son côté la socio-historienne et romancière Françoise Deroy-Pineau, connue, entre autre, pour son livre Jeanne Mance, de Langres à Montréal, la passion de soigner nous a convié à un voyage dans le temps, où elle imaginait un dialogue entre Maisonneuve et Jeanne Mance. Puis, pour terminer, la cinéaste Annabel Loyola à qui l’on doit le film-documentaire La Folle entreprise. Sur les pas de Jeanne Mance s’est amusée à nous faire remarquer comment en parcourant un certain nombre de journaux, jamais les mêmes et selon les années, le nom de Jeanne Mance, apparaît et disparaît comme co-fondatrice de Montréal.

Puis, pour clore le tout, un petit mot de nos présidentes d’honneur. Mme Chrétien-Desmarais, en tant que présidente de la Société du 375è de Montréal, financée entre autre, par le gouvernement fédéral, s’est fendue d’un paragraphe en langue anglaise afin de faire plaisir aux deux anglophones et demi qu’elle imaginait être dans la salle ou pire pour nous rappeler notre statut de ville conquise et bilingue de force.

Ce fut un bel après-midi de quatre présentations avec des angles d’approche différents et complémentaires sur la personne de Jeanne Mance, sur son héritage et sur sa réception actuelle dans notre société montréalaise et québécoise.Malheureusement, le temps a manqué pour un échange entre le panel d’invités et l’auditoire. Il fut remplacé par un bon vin d’honneur dans les jardins de nos Religieuses Hospitalières où tout un chacun faisait ou refaisait connaissance.

N’eut été de ce manque temps pour un échange panel-auditoire, nous aurions aimé aborder deux questionnements sur Jeanne Mance que nous vous livrons ici et que nous espérons pouvoir débattre ou discuter, si le mot débattre en fait sourciller.Les deux questions nous permettraient comme nous y invitait Louise Harel d’élargir le cercle ou d’atteindre d’autres cercles afin de faire découvrir Jeanne Mance et son importance dans la fondation de la colonie.

La première question est ancienne et concerne les qualités administratrices de Jeanne Mance. D’où vient cette espèce de rumeur qui laisse circuler que Jeanne Mance aurait été, malgré tout son dévouement, une mauvaise administratrice? Même dom Guy-Marie Oury, o.s.b., dans sa biographie de Jeanne Mance abonde dans ce sens. Tandis que le père Lucien Campeau, s.j., reconnaît une imprudence voire une négligence lorsqu’elle est partie en France chercher finalement, « ses » soeurs hospitalières sans assurance du montant d’argent pour assurer le soutien des hospitalières qu’elle amenait à Ville-Marie. Devra-t-on écorcher au passage Monsieur de La Dauversière et ses propres difficultés financières?

Quant au deuxième questionnement, il est plutôt récent. À vrai dire, il date d’au moins 2012, année où l’on a reconnu officiellement Jeanne Mance fondatrice de Montréal à égalité avec Maisonneuve. Mais plus particulièrement, il origine surtout de la plume du journaliste du quotidien montréalais Le Devoir, Christian Rioux qui questionne, intelligemment, cette reconnaissance de Jeanne Mance comme fondatrice de Montréal. Il l’avait fait il y a quelques années dans sa chronique habituelle et il récidive en cette année du 375è. Le fond de la question pourrait se formuler ainsi: Jeanne Mance est-elle fondatrice, co-fondatrice voire même l’Autre fondatrice de Montréal ou est-elle tout simplement la fondatrice et administratrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal ainsi que la première infirmière de Montréal?

Vaste programme, n’est-ce pas? Nous soumettons bien humblement trois requêtes aux instigatrices de Rêver Montréal 375è, peut-être même en collaboration avec la Société historique de Montréal. Premièrement, Serait-il possible de nous convier à nouveau à une table ronde portant sur les débuts de Ville-Marie et particulièrement sur le dilemme de la fondation ou de la co-fondation de Montréal par Jeanne Mance? Deuxième requête pourrait-on tenter d’y inviter Monsieur Christian Rioux? Et, finalement, troisième requête, pourrait-on joindre à cette table-ronde le signataire de ces lignes à savoir le rédacteur de VILLE-MARIE EXPRESS?

P.S. Et sans oublier un petit vin d’honneur!

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Une réflexion au sujet de « « ÉVÉNEMENT JEANNE MANCE » »

  1. Pourquoi , après 375 ans, faudrait-il réécrire l’histoire pour faire de Jeanne Mance une fondatrice de Montréal ce que, à strictement parler elle n’est pas malgré tous les mérites qu’elle peut avoir par ailleurs? M. Rioux a raison. C’est de la réécriture de l’histoire à la mode du jour et par complaisance pour un camp politique, sans égard à la réalité des faits, des archives et des documents. Il y a plusieurs années j’ai passé un bon bout de temps à La Flèche à baigner dans l’histoire de la fondation de Montréal et je n’ai jamais entendu personne, ni historiens, ni autorités locales passionnées de la fondation de Montréal, prétendre que Jeanne Mance en était la fondatrice ou la cofondatricel. C’est une fable qui par son exagération et son caractère fantaisiste risque de faire perdre de vue les vrais mérites de Jeanne Mance. AS

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