« ENCORE DEBOUTTE » L’ACADIE 413 ANS DÉJÀ (1604-2017)

(Le drapeau de l’Acadie. Le Tricolore de la France révolutionnaire et républicaine mais avec en plus une étoile jaune sur la bande bleu.)

(Carte de l’Acadie d’aujourd’hui. Société nationale de l’Acadie)

(Vue d’ensemble de la reconstitution de l’établissement de Port-Royal. Photo: l’abbé Marcel Lessard. 14/07/2017)

(Vue de l’intérieur de l’établissement de Port-Royal. Photo: l’abbé Marcel Lessard. 14/07/2017)

(Henry Wadsworth Longfellow. Buste. sculpteurs: Philippe et Henri Hébert. 1920. Grand-Pré. Photo: Dena Vassallo)

(Évangéline. Statue de bronze. 1920. Grand-Pré. Sculpteur: Philippe Hébert. Photo: Dena Vassallo)

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Les Acadiens et les Québécois ont une parenté lointaine. Nous partageons de glorieux aïeux en les personnes de Champlain, de Marc Lescarbot et du lieutenant général de Henri IV, Pierre Du Gua de Mons.

Pour beaucoup d’entre-nous, l’Acadie nous est connue par les chansons d’Édith Butler et d’Angèle Arsenault, par les prestations théâtrales de Viola Léger incarnant le personnage de la Sagouine, ainsi que des romans d’Antonine Maillet sans oublier la poésie de l’incontournable Herménégilde Chiasson. Quant à Zachary Richard, il nous a fait découvrir non seulement les Cajuns mais aussi le parler cajun!

Mais à vrai dire l’Acadie est un pays sans pays. Un pays sans État, sans frontière juridique. État de coeur plutôt qu’entité politique et juridique. L’Acadie c’est un concept géographique mais un concept vivant au coeur de chaque Acadien et de chaque Acadienne. L’Acadie c’est là où il y a un Acadien.

Il y a, bien sûr, l’Acadie des Maritimes ou l’Acadie de l’Atlantique à savoir les Acadiens du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du- Prince-Edouard et un petit reste à Terre-Neuve-Labrador. Mais il y a aussi les Acadiens de la dispersion. Pensons à la Louisiane et à toutes les petites « Cadies » du Québec ou aux États-Unis voire même en France.

L’Acadie, «ceste terre de bénédictions», comme le disait en 1639 son gouverneur Isaac de Razilly dans une lettre à Marc Lescarbot, l’auteur et créateur du Théâtre de Neptune, fut aussi une terre au climat relativement hostile et ravageur d’hommes. En effet, c’est en juin 1604 que sous la direction de Du Gua de Mons qu’on procéda à une première tentative d’établissement en terre d’Amérique septentrionale sur l’île Sainte-Croix où sévit un hiver désastreux pour une bonne partie de l’équipage soit près de la moitié de ses hommes y sont passés à la trappe.

On déménagea les pénates du côté de Port-Royal dans la Nouvelle-Écosse d’aujourd’hui. Et pour briser la monotonie du grand « hivernement » et raviver l’esprit de la troupe, Samuel de Champlain, l’illustre second de Du Gua de Mons, fonda à Port-Royal, l’Ordre de Bon Temps pendant l’hiver 1606-1607.

Hélas! le territoire de l’Acadie représentait un lieu stratégique pour assurer la suprématie en terre d’Amérique septentrionale à l’un des deux empires coloniaux de l’époque qu’étaient la France et l’Angleterre. C’est ainsi que de 1604 à 1713, l’Acadie changea de mains à sept reprises.

De 1604 à 1755 donc sur 151 ans, l’Acadie de l’époque est sous juridiction anglaise pendant environ 80 ans donc plus de la moitié. Mais les choses se corsent de plus en plus pour la souveraineté française en terre d’Acadie. Finalement, en 1710, Port-Royal tombe définitivement aux mains des Britanniques et qui mènera au fameux traité d’Utrecht de 1713.

Un traité est un traité, il ne dure que le temps où l’un des belligérants décide de le transgresser. Entre 1713 et 1755, il y a toujours possibilité que la France récupère ses territoires perdus en Acadie. Les Acadiens sont toujours pris entre l’exigence d’un serment d’allégeance à la couronne britannique et un certain lien de parenté avec la France métropolitaine.

Mais il faut dire qu’au fil du temps et des générations, autour de 1750 les Acadiens se sentent beaucoup plus Acadiens que Français. À l’instar des Français de la Nouvelle-France qui sont petit à petit devenus Canadiens- Français et que les Anglais des colonies britanniques le long de la côte est se sont de plus en plus sentis Américains vers 1775-1776 que Britanniques, mis à part les Loyalistes, s’entend.

Mais entre le fameux serment d’allégeance et le soutien à la France reconquérante, l’ensemble des Acadiens de l’époque ont épousé le principe de neutralité entre les deux. C’était le début du ni-ni, qui en bout de ligne ne plaisait ni aux Français mais surtout ni aux Britanniques.

Bien qu’un projet de déportation soit dans les cartons de l’administration anglaise depuis 1720 ce n’est que vers 1755 que le choix s’impose définitivement afin d’assurer la sécurité militaire mais aussi pour effacer et éradiquer toute trace de présence française de l’Acadie et éventuellement de toute la Nouvelle-France et ainsi prendre possession du territoire. Ne pouvant plus tolérer les Neutrals French que sont les Acadiens, l’on procède à la Déportation massive des Acadiens. D’abord, ceux de la Nouvelle-Écosse suivi de ceux de l’Île Saint-Jean.

Mieux connu sous le nom du « Grand Dérangement », de 6 000 à 7 000 habitants sur 14 000 à 15 000 habitants sont dispersés entre les colonies anglaises du littoral est qui n’en veulent pas nécessairement. Ils sont souvent fait prisonniers. En 1758, 2 000 à 3 000 habitants sont expédiés en France.

Ne restant pas passifs, des Acadiens sauvent leur peau en se cachant ici et là, dans les forêts. Ils sont souvent aidés et protégés par les Mics Macs et les Etchemins qui sont plus favorables aux Français qu’aux Anglais. D’autres se réfugient au Canada (Nouvelle-France), à l’Île Saint-Jean, au cap Breton, dans les Antilles, sur la Baie-des-Chaleur sans oublier Saint-Pierre-et-Miquelon. Quant à la Louisiane, les Acadiens n’y furent pas déportés. Ce sont plutôt eux qui l’on rejoint en pensant y trouver un territoire français mais à cette période, la Louisiane appartenait aux Espagnols! C’est ainsi que les Acadiens de la Louisiane sont devenus des Cajuns.

Malgré les turpitudes et les aléas du temps, l’époque de la survivance a cédé le pas au temps de l’affirmation nationale acadienne. En 1881, à Memramcook, lors du premier Congrès national des Acadiens, il y avait sur la table, une proposition demandant que la fête nationale soit le jour de la Saint-Jean-Baptiste afin de favoriser un rapprochement avec les Canadien-Français de tout le Canada mais particulièrement de ceux du Québec.

Finalement, pour se singulariser mais aussi parce que les Acadiens se considéraient, en quelque sorte, comme une société distincte, tiens, tiens, les congressistes optent pour adosser leur fête nationale à une autre fête religieuse catholique à savoir l’Assomption de Marie. C’est ainsi que depuis ce temps, le 15 août de chaque année, l’on célèbre la Fête nationale des Acadiens des Maritimes, des Acadiens de la dispersion mais aussi des petites « Cadies » du Québec et des États-Unis d’Amérique.

En 1884, soit trois ans plus tard, lors du Congrès de Miscouche, les Acadiens par la voix des ses congressistes se donnent un drapeau national.  Le Tricolore, soit celui de la France révolutionnaire et républicaine ce que les Acadiens de l’époque ne sont point. Ils y fixent sur la bande bleue une étoile jaune or, le jaune papal pour y signifier leur attachement à l’Église catholique et souligner le rôle de l’Église dans la vie des Acadiens. L’étoile pour saluer la Vierge Marie, l’étoile de la mer. Puis, les délégués entonnent l’Ave Maris Stella qui devient officiellement l’hymne national des Acadiens et des Acadiennes.

Mais cette Acadie, à l’instar du Québec, est « tombée » dans la modernité dans les années soixante du siècle précédent. Elle reste tiraillée entre son passé et son possible destin. Si elle ne peut revendiquer un pays acadien qui s’étalerait sur trois voire quatre provinces de l’État canadien, l’Acadie d’aujourd’hui continue de reposer sur la force de ses réseaux associatifs tout en s’impliquant dans l’arène politico-politique, là où se trouve le vrai pouvoir politique.

Sa littérature, est évidemment plurielle, mais elle se berce ou se balance entre le traumatisme de la Déportation et la possibilité d’entrer, tout de même, dans la modernité des sociétés de démocraties libérales occidentales en voyant dans la Dispersion une manière diversifiée d’être Acadiens. Selon qu’on lise Michel Roy et L’Acadie perdue (1978/Québec-Amérique) ou des auteurs plus jeunes enjambant la tragédie du Grand Dérangement pour en faire le marche-pied d’une Acadie plus que survivante. Un peu comme l’essayiste Léonard Forest qui tente et expérimente La jointure du temps (1997/Perce-Neige) afin de pouvoir malgré tout concilier l’Acadie historique voire traditionnelle et l’Acadie contemporaine.

Comment ne pas parler du poème Évangéline de Henry Wadsworth Longfellow dont un buste se trouve à Grand-Pré, lieu devenu symbole des déportations grâce à cet écrit. Cette sculpture est l’oeuvre de Philippe et Henri Hébert. Elle fut dévoilée, en juillet 1920, par une lady britannique. Fallait le faire! Non mais qui a eu l’idée stupide de demander à une représentante du Conquérant de dévoiler le buste de l’auteur d’un poème si accablant pour ses « illustres » ancêtres comme Lawrence, Winslow et j’en passe. Ah! L’arrogance insouciante du conquérant! Dans un tel contexte, on ne se surprendra pas que les Acadiens ont boycotté la cérémonie.

Bon. Tout ce grand détour par l’histoire parce qu’en ce 15 août 2017, jour de Fête nationale et de Fête patronale de Notre-Dame-de-L’Assomption, la rédaction de VILLE-MARIE EXPRESS veut saluer nos cousins et cousines de l’Acadie. Ils sont de quatre années nos aînés. Comme nous, ils sont issus de la même tige. Lors des États généraux du Canada français (1966-1969), l’on a consacré et confirmé la fracture de celui-ci. Le Canada français s’est divisé en trois: l’Acadie, le Québec et l’ensemble des minorités francophones des autres provinces du Canada. Les trois vont leur destin comme ils peuvent mais les trois entités d’origine française se doivent de garder et de nourrir les liens de leur francité et de leur histoire peut importe le statut politique que pourrait choisir un jour le Québec.

Vive l’Acadie. Vive l’Acadie d’antan. Vive l’Acadie de 2017. Vive l’Acadie libre…dans un Canada uni!

P.S. Nous apprenions aujourd’hui même 15 août 2017 par ICI-RADIO-CANADA que la cathédrale Notre-Dame-de-L’Assomption (diocèse de Moncton) inaugurée en 1940 est officiellement désignée monument historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

«VIVE MONTRÉAL, VIVE LE QUÉBEC…VIVE LE QUÉBEC LIBRE» – CHARLES DE GAULLE. 24 JUILLET 1967.

(Le général de Gaulle au balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal. À gauche, la tête entre deux gerbes de fleurs, le maire de Montréal de l’époque, Jean Drapeau. 1967. Photo: AFP)

(Le général de Gaulle avec vue sur la place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal. 1967. Photo: Archives de Montréal)

(La Une du Journal de Montréal. 25 juillet 1967.)

(Carte de la Nouvelle-France. De la Baie d’Hudson au Golfe du Mexique en passant par l’Océan Atlantique, les Grands Lacs et le Mississipi. C’était tout cela la Nouvelle-France. En bleu sur la carte.)

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Que de fois pour un événement somme toute banal ou pour le moindre exploit, l’on en fait un événement dit historique. En fait, tout événement est par nature historique puisqu’il s’accomplit dans l’histoire mais un événement vraiment historique est, en quelque sorte, un moment qu’on nomme transhistorique. Cela pour dire que c’est un événement qui a non seulement un impact au moment où il se produit mais surtout qu’il continue d’exercer une certaine résonance après son accomplissement.

Les Allemands ont un mot pour signifier cette réalité transhistorique et dont la prononciation comme vous le constaterez est d’une simplicité rare, Wirkungsgeschichte. C’est en quelque sorte l’épaisseur, la profondeur que peut prendre une parole, un événement, voire même une oeuvre d’art à travers les couches de l’Histoire.

Tout ce grand détour, pour parler de ce 24 juillet de l’an de grâce 1967. Il s’en est passé des choses « historiques » en 1967. Qu’on nous fasse grâce de ne pas les nommer ici, vous n’avez qu’à suivre l’actualité.

Notre historien national, l’abbé Lionel Groulx venait tout juste de nous quittés en mai 1967 qu’arrive le général de Gaulle sous l’invitation du premier ministre du Québec Daniel Johnson que le président français appelait affectueusement « mon ami Johnsonnne »!

On a beaucoup péroré sur le fait de savoir si cette déclaration d’amour politique au Québec était improvisée, faite sous le coup de l’émotion ou quelque chose de bassement préméditée de la part de celui qui jadis c’était résolu à se délester de l’Algérie française.

Ce que l’on peut dire, c’est que son arrivée par bateau lui permettait de faire un accroc au protocole. S’il avait pris l’avion, il aurait été obligé de commencer sa visite par Ottawa, capitale, unilingue anglaise, dans un Canada bilingue, là où le nombre le justifie. « Notre » général était résolu à marquer cette visite sous le signe de la France qui se souvient qu’elle a une certaine dette envers ce qui fut jadis la Nouvelle-France.

Son parcours le long du Chemin du Roy en ce 24 juillet 1967 fut en quelque sorte son chemin de Damas avec les héritiers de l’Amérique française. L’enthousiasme des foules tout au long de son périple commencé à Québec pour se terminer en apothéose à Montréal semble avoir insuffler une émotion telle qu’on n’en peut imaginer au pays de Descartes et du cartésianisme.

Mais il est évident qu’en s’appropriant le slogan du mouvement indépendantiste du Québec, il savait sûrement, à sa manière, qu’il mettait le pied sur la ligne Maginot afin de franchir le Rubicon ce qui le mettrait en délicatesse avec le gouvernement canadien et qu’ainsi le sort des relations triangulaires Québec-France-Canada en était jeté « Alea jacta est  » comme disait l’autre.

De Gaulle est mort avant d’avoir terminé la rédaction de ses Mémoires nous privant ainsi de son explication et de son explicitation de cette journée mémorable du 24 juillet 1967. Mais en novembre 1967, il s’en est expliqué un peu dans une entrevue. En effet, lors de cette entrevue, il avait, entre autre chose, laissé entrevoir la possibilité d’un Québec pays souverain.

À l’époque, il est vrai qu’il a pu passer pour un malpoli de venir cracher, in situ, dans la soupe constitutionnelle canado-québécoise. Mais un certain devoir face à l’histoire exigeait de lui de jouer la ligne de risque. Il s’était souvenu qu’une bouture française avait été semée en terre d’Amérique plus de trois cents ans auparavant et qu’il était du devoir de l’ancienne mère-patrie de dire à ce peuple d’ascendance française «Je vous ai compris» . (À suivre).

SOEUR MONIQUE TREMBLAY, C.N.D., L’AU REVOIR DE LA RÉDACTION DE VMEx

 

(Monique Tremblay, c.n.d., photo tirée de la vidéo d’une conférence sur Jeanne Le Ber. 4 octobre 2015 à la Maison Notre-Dame, Longueuil.)

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Il n’est pas dans les habitudes de VILLE-MARIE EXPRESS de faire dans la nécrologie, mais quand il est question du départ d’une personne que nous affectionnions, on ne peut faire autrement.

En effet, dans la nuit du 24 au 25 juin 2017, soeur Monique Tremblay, c.n.d., nous a quittés pour voir en face celui qu’elle avait tant aimé en espérance. Elle nous quitte au moment de la Fête de la nativité de Jean, le baptiste, elle qui à sa manière à tenter de préparer les chemins du Seigneur, ici et maintenant dans cette ville née d’un projet mystique et missionnaire.

Parmi ses nombreuses tâches et affectations, l’on sait qu’elle était depuis au moins 2003, la coordonnatrice de la pastorale de la basilique Notre-Dame de Montréal et que c’est à ce titre qu’elle pilotait à tous les ans avec la Société historique de Montréal, la messe solennelle de Montréal suivant la tradition établie par Victor Morin en 1917 et dont on vient tout juste de fêter le 100è anniversaire (1917-2017) lors de la célébration du 17 mai dernier.

Malheureusement, cette année, elle n’a pu tenir la route longtemps auprès du comité organisateur car la maladie qui l’affligeait depuis plusieurs mois l’a mise hors-combat dans le courant de l’hiver.

Pour nous, elle était aussi, la personne-ressource qui fut nommée postulatrice diocésaine de la cause de Jeanne Le Ber (1662-1714) auprès de la Curie romaine. On sait combien il peut être très difficile d’établir un dossier pertinent pouvant mener à la reconnaissance d’un degré quelconque de sainteté que ce soit la vénérabilité, la béatification ou la sainteté même. Mais il n’y avait rien à l’épreuve de soeur Monique.

On dit de soeur Monique Tremblay qu’elle avait une formation de musicienne ainsi qu’une connaissance intime de notre patrimoine religieux et architectural, particulièrement, celui du Vieux-Montréal dont elle se plaisait les dimanches après-midi, entre autre jour, à faire connaître aux touristes, aux pèlerins voire même aux badauds. Elle pouvait d’un parcours du doigt nous montrer où se situait originellement, la maison des LeBer-LeMoyne, le premier Hôtel-Dieu de Montréal et le reste…

Quant à nous, notre plus récent et notre plus beau souvenir que nous gardons de soeur Monique et nous l’avions raconté récemment dans l’article de la Messe centenaire (édition 2017) commémorant la fondation de Montréal c’était justement après la célébration de l’édition 2016 de cette messe.

C’était un beau dimanche après-midi sur la place d’Armes face à notre belle basilique Notre-Dame, on causait, soeur Monique et moi, de l’édition 2017 qui serait la messe du 375è de la fondation de Montréal et simultanément celle du 100è de sa célébration solennelle en cette même église organisée par la Société historique de Montréal. Tout en ayant hâte à ce moment particulier, nous nous désolions un peu du fait que par souci historique le protocole de la Ville de Montréal dans le cadre du 375è anniversaire exigeait que la célébration ait lieu le 17 mai 2017 (un mercredi) au lieu comme le voulait la tradition le dimanche le plus près du 17 mai. M’enfin.

Et pendant que soeur Monique et moi parlions de ceci et de cela, une troisième personne se joignit à nous subrepticement, c’était notre cher maire Monsieur Coderre. Vous imaginez le trio que nous formions, la spécialiste du Vieux-Montréal, le maire de Montréal et le rédacteur de VILLE-MARIE EXPRESS.

Au moins deux communautés religieuses seront touchées par ce départ. Bien sûr, les consoeurs de soeur Monique de la communauté de Notre-Dame mais aussi les Recluses missionnaires (communauté religieuse inspirées par la recluse Jeanne Le Ber) qui se témoignaient de l’amitié réciproquement. Nous pensons aussi à toute l’équipe de pastorale de la basilique Notre-Dame et aux paroissiens de la première paroisse de Montréal.

Quant à nous, nous voulons saluer une femme généreuse, d’une détermination enveloppée d’une grande douceur et qui désormais peut conférer avec ses amies de toujours, Marguerite Bourgeoys et Jeanne Le Ber.

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SOEUR MADELEINE JUNEAU, CHEVALIÈRE DE L’ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC 2017

(Soeur Madeleine Juneau devant la Maison Saint-Gabriel lors de la remise du prix Thomas Baillargé en 2012. Photo: Serge Boisvert. Journal Métro)

(Le bâtiment principal de la Maison Saint-Gabriel. Photo officielle: Pierre Guzzo)

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Annoncé le 13 juin dernier mais décorés officiellement jeudi 22 juin 2017, lors de la cérémonie annuelle tenue à la salle du conseil législatif de l’Hôtel du Parlement à Québec, soeur Madeleine Juneau, c.n.d., avec trente-deux autres illustres Québécois ont accédé à l’un des trois grades de l’Ordre national du Québec

Le premier palier de cet Ordre du Mérite national fait des Chevaliers ou Chevalières, le deuxième fait des Officiers ou Officières et finalement certains Québécois se rendent jusqu’au grade de Grands officiers.

C’est ainsi qu’hier, le premier ministre de l’État du Québec, Philippe Couillard, au nom du peuple québécois a décoré, entre quelques autres Québécois, Hubert Reeves (Grand officier), Francine de Montigny, Irwin Cotler et Florian Sauvageau ( Officière, Officiers) et Soeur Madeleine Juneau, Yolande Cohen et le comédien Jacques Godin (Chevalières et   Chevalier) pour ne nommer que ceux-là.

Notre fille de Marguerite Bourgeoys, Madeleine Juneau fut honorée pour avoir fait de la Maison Saint-Gabriel dans le quartier de la Pointe-Saint-Charles un site muséal et socio-culturel. Elle et son équipe de travail ont permis de protéger et de restaurer un bâtiment tricentenaire qui au dire de l’Ordre des architectes du Québec est l’un des plus beaux exemples de l’architecture traditionnelle de la Nouvelle-France.

Félicitation à tous les récipiendaires de la cuvée 2017 de l’Ordre national du Québec et particulièrement à soeur Madeleine Juneau, de la Congrégation de Notre-Dame.

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LIENS UTILES

https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/index.asp

http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/index.php

« ÉVÉNEMENT JEANNE MANCE »

 

(Photos-Montage. ICI Radio-Canada.12 mai 2012.)

(Jeanne Mance. Timbre-Poste. D’après une peinture de L. Dugardin. 1865. Musée des Hospitalières de Saint-Joseph. Montréal.)

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Décidément, le Centre le Pèlerin et ses congrégations religieuses affiliées ne sont pas en reste dans ces commémorations et célébrations du 375è de Montréal.

Dans le cadre du projet Rêver Montréal 375è, le Centre le Pèlerin et les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph nous invitaient le vendredi 19 mai au pavillon Jeanne-Mance de l’Hôtel-Dieu à un mini-colloque portant sur Jeanne Mance, co-fondatrice à égalité avec Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve.

Sous la présidence d’honneur de France Chrétien-Desmarais (présidente de la Société du 375è) et de Catherine Feuillet, Consule Générale de France, nous avons eu droit à une table-ronde qui n’était pas piqué des vers comme le disait le poète.

Jean-Paul Pizelle, le président de l’Association Langres-Montréal qui était de passage chez nous pour quelques jours afin de donner quelques conférences mais aussi pour mousser en douce son nouvel ouvrage en collaboration et intitulé Jeanne Mance. De Langres à Montréal: Une femme bâtisseuse. Un très bel ouvrage bien illustré mais encore bloqué à nos douanes canado-montréalaises au moment de sa présentation.

Si Monsieur Pizelle s’est contenté de nous présenter de façon structurée et agréable la vie pré-montréalaise de Jeanne Mance c’est-à-dire de sa naissance et de son départ de Langres (1606-1641), Louise Harel avec sa voix douce et enjoleuse nous a plutôt livré un témoignage de sa découverte, un peu sur le tard, de la personnalité de la soignante de Langres.

De son côté la socio-historienne et romancière Françoise Deroy-Pineau, connue, entre autre, pour son livre Jeanne Mance, de Langres à Montréal, la passion de soigner nous a convié à un voyage dans le temps, où elle imaginait un dialogue entre Maisonneuve et Jeanne Mance. Puis, pour terminer, la cinéaste Annabel Loyola à qui l’on doit le film-documentaire La Folle entreprise. Sur les pas de Jeanne Mance s’est amusée à nous faire remarquer comment en parcourant un certain nombre de journaux, jamais les mêmes et selon les années, le nom de Jeanne Mance, apparaît et disparaît comme co-fondatrice de Montréal.

Puis, pour clore le tout, un petit mot de nos présidentes d’honneur. Mme Chrétien-Desmarais, en tant que présidente de la Société du 375è de Montréal, financée entre autre, par le gouvernement fédéral, s’est fendue d’un paragraphe en langue anglaise afin de faire plaisir aux deux anglophones et demi qu’elle imaginait être dans la salle ou pire pour nous rappeler notre statut de ville conquise et bilingue de force.

Ce fut un bel après-midi de quatre présentations avec des angles d’approche différents et complémentaires sur la personne de Jeanne Mance, sur son héritage et sur sa réception actuelle dans notre société montréalaise et québécoise.Malheureusement, le temps a manqué pour un échange entre le panel d’invités et l’auditoire. Il fut remplacé par un bon vin d’honneur dans les jardins de nos Religieuses Hospitalières où tout un chacun faisait ou refaisait connaissance.

N’eut été de ce manque temps pour un échange panel-auditoire, nous aurions aimé aborder deux questionnements sur Jeanne Mance que nous vous livrons ici et que nous espérons pouvoir débattre ou discuter, si le mot débattre en fait sourciller.Les deux questions nous permettraient comme nous y invitait Louise Harel d’élargir le cercle ou d’atteindre d’autres cercles afin de faire découvrir Jeanne Mance et son importance dans la fondation de la colonie.

La première question est ancienne et concerne les qualités administratrices de Jeanne Mance. D’où vient cette espèce de rumeur qui laisse circuler que Jeanne Mance aurait été, malgré tout son dévouement, une mauvaise administratrice? Même dom Guy-Marie Oury, o.s.b., dans sa biographie de Jeanne Mance abonde dans ce sens. Tandis que le père Lucien Campeau, s.j., reconnaît une imprudence voire une négligence lorsqu’elle est partie en France chercher finalement, « ses » soeurs hospitalières sans assurance du montant d’argent pour assurer le soutien des hospitalières qu’elle amenait à Ville-Marie. Devra-t-on écorcher au passage Monsieur de La Dauversière et ses propres difficultés financières?

Quant au deuxième questionnement, il est plutôt récent. À vrai dire, il date d’au moins 2012, année où l’on a reconnu officiellement Jeanne Mance fondatrice de Montréal à égalité avec Maisonneuve. Mais plus particulièrement, il origine surtout de la plume du journaliste du quotidien montréalais Le Devoir, Christian Rioux qui questionne, intelligemment, cette reconnaissance de Jeanne Mance comme fondatrice de Montréal. Il l’avait fait il y a quelques années dans sa chronique habituelle et il récidive en cette année du 375è. Le fond de la question pourrait se formuler ainsi: Jeanne Mance est-elle fondatrice, co-fondatrice voire même l’Autre fondatrice de Montréal ou est-elle tout simplement la fondatrice et administratrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal ainsi que la première infirmière de Montréal?

Vaste programme, n’est-ce pas? Nous soumettons bien humblement trois requêtes aux instigatrices de Rêver Montréal 375è, peut-être même en collaboration avec la Société historique de Montréal. Premièrement, Serait-il possible de nous convier à nouveau à une table ronde portant sur les débuts de Ville-Marie et particulièrement sur le dilemme de la fondation ou de la co-fondation de Montréal par Jeanne Mance? Deuxième requête pourrait-on tenter d’y inviter Monsieur Christian Rioux? Et, finalement, troisième requête, pourrait-on joindre à cette table-ronde le signataire de ces lignes à savoir le rédacteur de VILLE-MARIE EXPRESS?

P.S. Et sans oublier un petit vin d’honneur!

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LE MÉRITE DIOCÉSAIN IGNACE-BOURGET 2017

(LA VISITATION. Tableau. Scène biblique. Alessandro Bonvicino dit Il Moretto Da Brescia. XVIè siècle. École italienne)

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Comme à tous les ans, dans le cadre de la fête patronale du diocèse de Montréal, fête de La Visitation, l’Archevêque de Montréal profite de ce moment pour remercier soit une personne soit un organisme qui témoigne d’un dévouement, d’une générosité et d’un certain rayonnement dans notre diocèse.

Pour la petite histoire et par souci historique, rappelons que la médaille du Mérite diocésain Ignace-Bourget fut remise une première fois en 1979 par feu le cardinal Paul Grégoire, archevêque de Montréal de 1968 à 1990. Depuis ce temps, près de 300 personnes ou organismes ont été honorés.

En ce 31 mai 2017, soufflé par le 375è anniversaire de la fondation de Montréal, l’Archevêque de Montréal, Christian Lépine remettra la médaille du Mérite diocésain Ignace-Bourget à six organismes qui ont un lien particulier avec les origines de Montréal ou qui souligne un anniversaire de fondation.

Ainsi, la Compagnie de Jésus, les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, la Congrégation de Notre-Dame, la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, la Société historique de Montréal et la Mission chinoise du Saint-Esprit seront les récipiendaires de cet honneur diocésain.

Le président de notre vaillante Société historique de Montréal, Monsieur Jean-Charles Déziel recevra au nom de la Société cette distinction honorable. La Société historique de Montréal a été fondée en 1858 par quatre personnes dont le premier maire de Montréal Jacques Viger. La rédaction de VILLE-MARIE EXPRESS est heureuse de rappeler à ses lecteurs et ses lectrices que notre premier article fut consacré justement à l’histoire de l’origine de la Société historique de Montréal suivi d’un deuxième article qui se voulait un résumé biographique de ce premier maire de Montréal que fut Jacques Viger.

Les membres de la Société historique de Montréal, (dont nous sommes), et, sur lesquelles rejaillit cet honneur se rendront sûrement nombreux à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde, située dans le secteur ouest de la ville par la volonté expresse de Mgr Ignace Bourget qui voulut planter en plein coeur du Montréal des Affaires et du Montréal protestant, un majestueux lieu de culte catholique qui serait la Reine des basiliques de l’Amérique du Nord.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur la Société historique de Montréal et sur Jacques Viger vous pourrez consulter les deux articles que nous avons rédigés. Sélectionnez Archives mars 2015 pour le premier article et Archives avril 2015 pour le second.

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LIEN AVEC LES ARCHIVES

http://ville-marie-express.quebec/index.php/2015/03/

http://ville-marie-express.quebec/index.php/2015/04/

LIEN UTILE

https://www.societehistoriquedemontreal.org/

 

D’UN 17 MAI À L’AUTRE (1642-2017)

((Carte de l’Amérique du nord. En bleu, tout le territoire ayant été sous la gouverne de la couronne Française. L’Amérique française c’était ça.)

(Maquette du Fort Ville-Marie. Musée d’Archéologie et d’histoire de Montréal. Photo: Radio-Canada. Novembre 2016)

(Une vue de Montréal depuis la Tour du Stade Olympique. Photo: Abdallah Hussein. 17 octobre 2010.)

P.S. N’oubliez pas de cliquer sur toutes nos photos pour leur agrandissement

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Du 17 mai 1642 au 17 mai 2017, il s’en est passé des événements, des histoires, des générations d’hommes et de femmes pour faire de la bourgade de Ville-Marie une grande ville de catégorie internationale qui peut faire notre fierté malgré ses nids de poules printaniers.

Comme peuple, il faut se rappeler que les villes de Montréal et Québec furent au tout début de la colonisation française les postes-pivots de ce vaste territoire que représentait la Nouvelle-France d’Amérique du nord avant que l’histoire et la démission nous ratatine à ce petit réduit de Province of Quebec consécutif à la Conquête de 1760 par les Britanniques. Mais ça c’est une autre histoire. On y reviendra.

Pour revenir expressément à nos fondateurs et fondatrices, les Montréalistes d’antan, qu’on ne peut réduire à quelques personnages devenus historiques, comme Maisonneuve et Mance, aussi illustres soit-il et soit-elle, tous ceux et celles qui en parlent dans les jours que nous vivons n’ont que de bons mots.

Hélas, de notre côté, sans vouloir faire bande à part, nous confesserons quelques reproches à nos aïeux. D’abord, commençons par là où tout a commencé avec Jérôme Le Royer de La Dauversière et sa vision d’une colonie missionnaire sur l’île de Montréal. En tout respect, notre Jérôme, semble-t-il, n’a point vu dans sa vision, tous les Iroquois qui se cachaient derrière chaque arbre de la vaste forêt qu’était Montréal à l’époque.

Bien avant que débarquent, les Français dans la vallée du Saint-Laurent, pour une raison qui échappe, partiellement encore aux historiens, sinon que par un souci de vengeance lié à un principe de justice, les Iroquois avaient décidé d’exterminer les Huron-Wendats. Les premiers Français se sont trouvés plus d’affinités avec ces derniers et en s’y alliant devenaient objectivement des ennemis pour les Iroquois. Mais en s’installant sur l’Île de Montréal en plein coeur d’un territoire qui fut jadis occupé par les Iroquois et qui restait pour le commerce des fourrures un lieu stratégique, la recrue de 1642 ne savait pas dans quel guêpier elle venait de mettre les pieds.

C’est pourquoi quand le gouverneur de la Nouvelle-France, Huault de Montmagny offrit en 1641 à Maisonneuve de s’installer plutôt sur l’Île d’Orléans ou dans les environs, on aurait épargné beaucoup de sang versé. Imaginez, aujourd’hui l’Île d’Orléans. Finis, les 42 milles de choses tranquilles. On l’aurait mis en mini jupe and speak english comme le chantait Félix. Et le maire Coderre serait à un jet de pierre de son vis-à-vis le maire Labeaume!

On connaît par quelle célèbre boutade, l’officier de 29 ans de Neuville-sur-Vanne refusa la proposition du gouverneur: « Monsieur, j’irai à Montréal tel qu’on m’y envoie même si tous les arbres de cette île se changeaient en autant d’Iroquois » * . Nous ne savons pas par quel présage le jeune gouverneur de Montréal avait vu si juste car effectivement de 1642 jusqu’aux années 1660, on eut, chez les pionniers de la colonie, la nette conviction qu’il y avait sur l’île de Montréal autant d’Iroquois que d’arbres.

Malgré la rebuffade, le gouverneur de la Nouvelle-France, Montmagny, accompagna la première recrue jusqu’à la pointe de terre se trouvant au confluent d’un bras de la rivière Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent selon une ancienne indication provenant de Champlain qui avait jadis fait du repérage dans le secteur.

Dès leur arrivée,soit le samedi 17 mai, l’on procéda à la cérémonie civique de la remise de possession du territoire au premier gouverneur de Montréal en la personne de Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve. Nous qui connaissons maintenant l’histoire de nos origines montréalaises, c’est aussi à Jeanne Mance qu’on aurait dû remettre les titre de possession! Mais ça aussi c’est une autre histoire.

Si nos fameux saints jésuites canadiens, martyrs des Iroquois, ont payé de leur vie leur tentative missionnaire de rencontre culturelle et d’évangélisation, il faut aussi ne pas perdre de vue que la première décennie d’installation des colons (1642-1653) fut ponctuée d’incessantes attaques. Dans un tel contexte, l’existence du projet missionnaire voulu par les Associés de la Société de Notre-Dame de Montréal fut remise en question autour de l’an 1651. Un certain désarroi commençait à se faire sentir. Non seulement, qu’on perdait trop d’hommes mais dans un tel contexte, il était impossible d’oeuvrer au projet de sédentarisation et d’évangélisation auprès des autochtones.

On suppose, bien sûr, quelques conciliabules entre Maisonneuve et Jeanne Mance afin d’établir l’état des lieux et d’envisager une solution autre que la fermeture des livres. Car il ne faut jamais perdre de vue, que le projet d’une colonie missionnaire sur l’Île de Montréal dans l’optique des membres de la Société de Notre-Dame que se soit La Dauversière, Pierre Chevrier, baron de Fancamp, l’abbé Olier, Mme de Bullion, Gaston de Renty, Maisonneuve, Mance, etc, est un projet voulu par la Providence.

Il semble que du côté de Mance, les termes de l’équation sont au fond relativement simples. Maisonneuve est responsable d’établir une colonie viable et fonctionnelle tandis que pour sa part, Jeanne Mance est mandatée pour doter Ville-Marie d’un hôpital. Si la colonie déclare forfait, il en est de même par effet domino de l’Hôtel-Dieu. C’est ainsi qu’elle décida de « soustraire » pour ne pas dire « détourner » une partie de la somme dédiée pour l’Hôtel-Dieu afin de financer le projet d’un recrutement d’au moins une centaine d’hommes afin de contrer la menace iroquoise. On parle d’une somme de 22 000 livres. Comme on le constate, la demoiselle Mance était capable de faire preuve de comptabilité créative.

Maisonneuve partit donc pour la France en promettant de recruter au moins deux cents hommes menaçant même de ne pas revenir si tel n’était pas le cas. C’est donc dire comment il y avait péril en la demeure. Là-bas, on réactiva les contacts autour des Associés du projet montréalais. Jérôme Le Royer et Mme De Bullion et d’autres ont sorti le chéquier afin de mettre sur pied une seconde recrue. Celle qu’on connaîtra sous le nom de Grande Recrue de 1653.

Le pari de Maisonneuve fut à moitié réussi mais le résultat valait la peine de continuer l’établissement montréalais. En effet, c’est plutôt cent ou cent un nouveaux hommes (colons-soldats) qui ont offert leur service pour la petite bourgade mais pour compenser le reste manquant, une femme du nom de Marguerite Bourgeoys qui valait plusieurs hommes-soldats s’est embarquée dans la folle aventure.

Ainsi, à partir de 1653, Montréal peut compter sur trois piliers Maisonneuve, Jeanne Mance et celle qu’on appellera affectueusement la Mère Bourgeoys. Puis vers la fin des années 1650, le projet missionnaire de Ville-Marie s’est essoufflé, les morts successives de l’abbé Olier en 1657 et celle de La Dauversière en 1659 sans oublier la mort de bien d’autres Associés ont tari les ressources de toutes sortes.

En 1663, soit six ans après leur arrivée à Montréal, les sulpiciens de Paris deviennent les propriétaires de l’île de Montréal et parallèlement le roi Louis XIV décide de réorganiser la gouvernance de ses différentes colonies. C’est ainsi que la petite colonie de Montréal qui tout en ayant l’assentiment et la reconnaissance de la cour du roi mais n’en était pas moins un projet privé dû rentrer dans le giron du principal gouverneur soit celui de la Nouvelle-France. Ainsi, par le fait même le gouverneur de Montréal devenait plutôt le représentant du gouverneur de la Nouvelle-France et perdait une partie de son autonomie politique. Dans les circonstances, en 1665, Maisonneuve décida de rentrer dans ses terres (non pas à Neuville-sur-Vanne mais plutôt à Paris). Fut-il démissionné?

Si ce fut la fin d’une certaine épopée mystique, il n’en demeure pas moins que ce fut le début d’une période de stabilité et de consolidation pour la jeune colonie de Montréal. La force de commandement militaire tenait en joue les Iroquois qui ont bien été obligés de se calmer un peu au risque d’être eux-même en situation d’extermination. Puis, vint, la Grande Paix de Montréal (1701), Jeanne Le Ber…Puis finalement, le 375è anniversaire de Montréal.

On peut reprocher à presque tous ceux et celles qui ont été de près ou de loin des Associés de Notre-Dame-de-Montréal, de nous avoir laisser très peu de documents écrits nous racontant les péripéties qu’ils ont vécu ainsi que les sentiments qu’ils ont éprouvé. Rien pour la postérité. Était-ce dû au type de spiritualité dans laquelle ils ont baigné?

(À suivre).

 

 

 

17 MAI 2017 UN CENTENAIRE ET UN 375è AVEC UNE ENVOLÉE DE CLOCHES

(Le campanile du carillon de l’Oratoire Saint-Joseph)

(Lors du concert inaugural le 15 mai 1955. Archives de l’oratoire Saint-Joseph. Soumis à copyright)

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Le 17 mai 2017 comme nous vous le disions l’année dernière à pareille date ou presque est et sera désormais synonyme d’un centenaire et d’un 375è pour la ville de Montréal. Comme quoi, un jubilé en cache un autre ou pour mieux dire un jubilé en révèle un autre. En effet, c’est en 1917 sur une période de deux jours (17 et 18 mai) que le président de la Société historique de Montréal en la personne de Victor Morin et secondé par la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal eut l’heureuse idée de commémorer la fondation de Montréal.

Ce 17 mai 1917 s’ouvre par une grand-messe pontificale célébrée à la basilique Notre-Dame par l’évêque auxiliaire de Montréal, Mgr Georges Gauthier, suivie d’un Te Deum d’action de grâce. Dans l’après-midi, des visites du Vieux-Montréal guidées et animées par des férus d’histoire bien connus du public montréalais. Le lendemain, 18 mai 1917, l’on reprend la fête avec des discours et des envolées oratoires des dignitaires politiques et religieux. Dans toutes les écoles de la ville, l’on présente un résumé de l’oeuvre de Maisonneuve. On enjoint les élèves à chanter l’Ô Canada et comme récompense on leur donne congé et la fête se continue jusqu’en soirée. Signalons que c’est dans le cadre des festivités du 275è que plus de cinquante plaques commémoratives ont été installées à divers endroits de la ville.

Exceptionnellement, cette année, la commémoration a lieu le 17 mai, jour pour jour, (1642-2017), un jour de semaine, comme nous le déplorions dans un article précédent, alors que les Montréalais dans leur vaste majorité sont, soit au boulot, soit à l’école et qu’aucun congé n’est prévu. Heureusement, la « belle cérémonie » sera diffusée à la télé grâce aux bons soins de ICI RDI dès 8h30 le matin. Mais soyons bon prince et acceptons ce que le Protocole et Accueil de la Ville de Montréal a imposé comme horaire inhabituel et inusité. M’enfin comme disait Gaston LaGaffe!

Dans la dernière année de préparatifs pour cette Journée des Fondateurs et Fondatrices de Montréal, il y eut beaucoup de fluctuations. D’abord, on a voulu « coller » le plus possible à la date du 17 mai, en déplaçant le tout le mercredi 17 mai et non un dimanche le plus près du 17 mai selon la coutume. Puisque nos valeureux sont arrivés en après-midi sur la Pointe de Montréal, la Messe du 375è devait débuter en après-midi suivie de différentes activités dont la cérémonie civique et militaire habituelle comme l’exercice annuel du Droit de Cité du Régiment de Maisonneuve.

Hélas, des dignitaires ayant des difficultés d’horaire, on a demandé de déplacer la Messe en avant-midi. 11 heures. Non.10 heures. Non. 9 heures. Parfait, tout le gratin politique et religieux aura le temps de se rendre à la basilique Notre-Dame pour 9 heures et surtout de faire ses auto-portraits (selfies). Ayant prévenu certaines personnes gravitant autour du comité du 17, qu’il est toujours risqué de faire des changements d’horaire pour accommoder des dignitaires politiques parce qu’à la moindre catastrophe nationale, ils peuvent annuler leur présence, hé bien, on y était presque. Osons espérer que MM. Trudeau, Couillard et Coderre n’arriverons pas à la Messe avec leurs grosses bottes de caoutchouc montées jusqu’à la taille après une énième tournée auprès des sinistrés de l’eau!

Donc, le tout commencera à 8h45 à partir du Carillon de l’Oratoire Saint-Joseph qui lancera l’envolée de cloches qui devrait se poursuivre dans toutes les paroisses de Montréal. Justement, parlons-en des paroisses de Montréal, ont-elles été sollicitées tout récemment pour faire acte de présence en ce 375è en faisant sonner les cloches tout d’un coup à 8h45 en ce mercredi 17 mai 2017? Ont-elles prévu des activités préparatoires ou s’apprêtent-elles à en faire dans la foulée de cette envolée de cloches? Et sauront-elles vraiment pourquoi, on fait sonner les cloches? Et que se passera-t-il dans les écoles de Montréal?

Parlant de cloches, il y en a cinquante-six en bronze qui forment le carillon de l’Oratoire. Elles sont faites d’un alliages de cuivre et d’étain. Contrairement à ce que l’on peut penser, l’ensemble des cloches ne bougent pas. En effet, elles sont fixées à des poutres et ce sont les battants qui sont actionnés par des fils d’acier reliés à la console intérieure où est installé le carilloniste*.

En passant, pouvez-vous vous imaginer la tour Eiffel avec à l’un de ses étages un campanile qui couvrirait un carillon de cinquante-six cloches?  Paris n’en ayant pas voulu, c’est ainsi qu’en 1954, le carillon prévu pour la tour Eiffel fut prêté à l’Oratoire Saint-Joseph dans le cadre de son cinquantenaire. Puis par la suite de généreux donateurs ont fait en sorte que le carillon devienne propriété de l’Oratoire.

Un concert inaugural fut donné le 15 mai 1955 par le carillonneur Émile Vendette (1919-1992), un franco-ontarien qui donna son premier concert au carillon de la Tour de la Paix du Parlement canadien à Ottawa en 1938.

Au moment de « mettre sous presse », si on peut nous permettre cette expression devenue obsolète, nous apprenons qu’une partie de la cérémonie civique et militaire semble compromise parce que nos militaires sont réquisitionnés auprès des sinistrés de l’eau. Vivement, la Messe du 375è.

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*   Nous lisons parfois carilloniste et parfois carillonneur!

Un extrait musical du carillon de l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal.

https://www.youtube.com/watch?v=f-fOLUbye5E

 

 

 

 

C’EST QUAND LE 17 MAI 2017?

(L’arrivée de la première recrue le 17 mai 1642)

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On trouvera, à coup sûr, l’intitulé de cet article non élégant et voire même intrigant. Mais c’est une vraie question. L’année dernière en ces pages, nous nous étions fendu d’un beau texte intitulé CENT ANS DE COMMÉMORATION (1917-2017) DE LA FONDATION DE MONTRÉAL/VILLE-MARIE.

On y racontait, en quelque sorte, la première commémoration et célébration de la fondation de Montréal par les Montréalais sous l’égide de la Société historique de Montréal et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Les festivités s’étalaient sur deux journées les 17 et 18 mai 1917. Il y avait d’abord une messe solennelle suivie d’une cérémonie civique et d’une visite commentée du Vieux-Montréal. On se reportera à notre texte pour en savoir plus (il sera en lien plus bas).

Nous terminions notre article en se donnant rendez-vous pour le 17 mai 2017 ou du moins pour le dimanche le plus proche du 17 mai comme il était de mise sauf exception. Or, nous avons appris dans le courant de l’automne, à notre grand dam qu’en cette année du 375è, les cérémonies de commémoration n’auraient pas lieu un dimanche, jour familial, jour férié par définition, mais le mercredi 17 mai en plein milieu de la semaine alors que les Montréalais sont au boulot et les enfants et ados à l’école. Non mais quelle aberration! Quel pied de nez à la population montréalaise! Après une élimination rapide du CH en séries de fin d’années, on n’aurait pu nous éviter cela!

Devons-nous comprendre que les seuls habilités à participer à la commémoration du 375è de notre ville seront les personnes à la retraite, les touristes du Vieux-Montréal, les chalands de toutes sortes sans oublier au premier rang des balustrades et des estrades, tout ce qu’on appelait à une ancienne époque les têtes couronnées autant civiles que religieuses.

L’année dernière, dans un bel après-midi de mai suivant la messe du 374è, nous avions eu une bonne conversation avec soeur Monique Tremblay, une fille de Marguerite Bourgeoys (c.n.d.), qui est rattachée depuis plusieurs années à la préparation de la messe de nos fondateurs, sur ce à quoi pourrait ressembler une commémoration bien réussie pour le 375è. Elle qui déjà à l’époque ramassait tout son courage et toute son énergie pour s’élever au-dessus de ses graves problèmes de santé. Puis, au fil de plusieurs conversations avec différentes personnes, nous avons eu vent de bien des tensions au sein du comité organisateur sans savoir quoi précisément. Discrétion oblige.

C’est ce qui explique peut-être qu’à moins de trois semaines du mercredi 17 mai 2017, aucun Montréalais digne de ce nom n’a entendu parler de cette grande journée de commémoration et de célébration. Encore que pour les habitués de la messe des fondateurs, peu savent qu’on est passé du dimanche à un jour de semaine.

Se pourrait-il, qu’en bout de piste, nous serions, nous aussi, à l’instar d’autres sociétés, victimes du syndrome des élites qui vivent dans leur bulle?

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http://ville-marie-express.quebec/index.php/2016/05/04/cent-ans-de-commemoration-1917-2017/

 

LE COLLÈGE DE MONTRÉAL (1767-2017) 250 ANS DE FORMATION DE LA JEUNESSE

(La nouvelle identité visuelle du Collège. Les emblèmes qui composent les armoiries en bleu/Les valeurs. 1767/ L’ancrage historique. Le premier Collège de Montréal/La Fierté et l’Histoire. Oeuvre: Ardoise design. Février 2015)

(Capture d’Écran. Survol de l’entrée principale du Collège)

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Ce vendredi 21 avril 2017, la communauté multi-générationnelle du Collège de Montréal sera en liesse. Enjambant, les festivités du 375è de Montréal, l’institution scolaire de la rue Sherbrooke ouest bien campée sur le flanc de la montagne montréalaise, soulignera son 250è anniversaire d’existence dans le cadre d’un Gala-bénéfice intitulé « DE PIERRES ET DE LUMIÈRES ».

Deux cent cinquante ans vers l’arrière, ça nous ramène tout près de la catastrophe de la Conquête de 1759-1760, où l’on vit impuissant la Nouvelle-France passée sous la gouverne de l’Empire britannique.

Après quelques années de vie sous le Régime militaire (1760-1763), le besoin de vie scolaire se faisait de plus en plus impérieux chez les jeunes de la colonie canadienne-française. Ainsi deux collèges ouvrirent leurs portes. D’abord celui de Québec (1765) et puis celui de Montréal (1767). S’y ajouteront dans le premier tiers du XIXè siècle, les collèges de Nicolet (1803), de Saint-Hyacinthe (1811), de Sainte-Thérèse (1825). de Chambly (1825) et finalement de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (1827).

Ces six collèges avaient un but commun à savoir faciliter aux jeunes canadiens-français, établis dans une seigneurie, l’accès à une éducation supérieure, sous le label catholique, basée sur un enseignement humaniste du latin et des lettres.

Mais les différentes cohortes du « premier » Collège de Montréal n’ont pas toujours séjourné en flanc de montagne comme aujourd’hui. En effet, la petite histoire, nous apprend que c’est un dénommé Jean-Baptiste Curatteau de la Blaiserie, sulpicien, ancien maître d’école et qui devenu curé de la Longue-Pointe (Est de Montréal) a décidé d’ajouter une aile à son presbytère pour y enseigner le français et le latin à quelques jeunes adolescents des environs. Nous sommes alors au printemps de 1767.

Il faut dire que ce premier collège du genre à Montréal comblait un vide car pour des études un peu plus poussées, les jeunes montréalais devaient « s’exiler » à Québec afin de fréquenter le Petit séminaire dirigé par les jésuites. Ici, à Montréal se sont d’abord les Sulpiciens qui verront à l’essor de l’éducation des jeunes canadiens-françaises en aidant, entre autre, différentes communautés religieuses vouées à l’éducation des jeunes.

Mais le succès de ce collège embryonnaire forçat un premier déménagement au château Vaudreuil rue Saint-Paul (dans le secteur de la place Jacques-Cartier). C’est dans cette vaste demeure qu’à résidé les gouverneurs successifs de la Nouvelle-France de passage à Montréal. À ce moment le collège prit temporairement le nom de collège Saint-Raphaël.

Malheureusement, à l’instar de plusieurs bâtiments de l’époque, le château de Vaudreuil fut la proie des flammes le 6 juin 1803. Les 150 élèves de l’époque seront hébergés temporairement au séminaire de St-Sulpice sis sur la place d’Armes.

Puis, les sulpiciens, procéda à la vente des terrains de l’ancien collège et font construire un tout nouveau collège à l’ouest des fortifications dans le prolongement de la rue Saint-Paul. Le bâtiment ouvrira ses portes en 1806 sous l’appellation officielle de Petit Séminaire de Montréal. C’est un vaste espace pouvant accueillir 120 pensionnaires entouré d’un grand terrain avec jardins et dépendances.

Hélas! Malgré que l’on procédera à des agrandissements successifs comme en 1824 afin d’accueillir au maximum 160 élèves. En 1840, l’on s’est retrouvé encore en mode cohabitation quand une cinquantaine d’étudiants en théologie rendus à l’étroit dans le vieux séminaire de la place d’Arme ont débarqué au petit Séminaire de la rue Saint-Paul.

La ville de Montréal vivant un grand débordement démographique doublé d’un plus grand souci pour l’éducation de la jeunesse canadienne-française, les sulpiciens envisage en 1854 la construction d’un Grand Séminaire sur un grand terrain de la rue Sherbrooke ouest où se trouvent les deux tours de l’ancien fort de Montréal.

Ainsi, « débarrassés » des grands séminaristes qui retrouvera ce qui s’averra un Grand Séminaire digne de ce nom, les élèves du petit Séminaire se retrouveront eux aussi à leur aise mais pas si longtemps. Comme on le sait, à la fin de l’année 1861, nos voisins du sud, les États-Unis sont en pleine guerre de Sécession. L’Angleterre se voulant toujours clairvoyante décide par mesure de protection d’envoyer 5000 soldats à Montréal. Et comme il faut loger ces militaires, le gouvernement réquisitionne pour un des régiments anglais, le petit séminaire qui deviendra pour quelques temps une caserne militaire!

Encore une fois, les sulpiciens doivent penser vite et penser pratique. Ce sera, bien sûr, le retour d’une cohabitation entre les deux ordres d’études des deux séminaires dans le nouveau bâtiment de la Montagne. Et dans la foulée de ce nouveau branle-bas, l’on projette dès 1863 de construire adjacent au Grand Séminaire, un édifice dédié spécifiquement aux élèves du collège. Et au gré des besoins et des ressources, le vaste espace aidant, s’y ajouteront des petites constructions (pavillon des loisirs, l’Ermitage, etc.). Sans oublier l’Aile des Anciens depuis 1958.

Laissons maintenant, la pierre et le mortier afin de parler un brin de la matière vivante qui fait le Collège de Montréal. C’est bien sûr au fil des décennies, les équipes de direction, les équipes professorales, les équipes de soutien et de para-scolaire. Mais au coeur de tout cela ce sont les cohortes de jeunes garçons et depuis la rentrée de 1997 l’ajout de cohortes de filles.

Le Collège de Montréal entre les années 1967-2007 a vécu une longue période de turbulences afin de mieux arrimer son projet éducatif avec les nouvelles jeunesses de l’air du temps. Il fallait garder le meilleur des pratiques pédagogiques tout en faisant certaines adaptations. Pour viser l’Excellence, il fallait s’assurer d’avoir autant la matière grise que la matière en elle-même. On pense ici à de bons laboratoires de recherche, aux systèmes d’ordinateurs. Puis quand est advenue la première cohorte de fille, il a sûrement fallu un protocole de savoir-vivre et de savoir être pour mieux vivre et gérer des relations gars-filles et des amitiés gars-filles.

Nous ne pouvons, bien sûr, dans le cadre d’un court article, faire le tour de toute l’histoire de 250 ans de vie d’une institution car oui, le Collège de Montréal est une institution à Montréal et elle rayonne au moins sur tout le Québec. VILLE-MARIE EXPRESS est heureuse de s’associer à votre Gala-Bénéfice 250è en vous souhaitant de belles retrouvailles sûrement significatives.

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SOURCE

ST-GERMAIN, CHARLES et ANDRÉ LABELLE. LE COLLÈGE DE MONTRÉAL 1967-2007. L’HISTOIRE D’UNE TRANSFORMATION. ÉDITION COLLÈGE DE MONTRÉAL. IMPRESSION IMPRIMERIE TRANSCONTINENTALE. GRAPHISME PYRUS DESIGN. PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE COLLÈGE DE MONTRÉAL 2007. UN DOCUMENT ACCESSIBLE EN FORMAT PDF.

https://college-montreal.qc.ca/wp-content/uploads/2016/08/Publication.pdf

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