LA BIBLIOTHÈQUE DES ORIGINES DE MONTRÉAL (1642-1701)

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(La Place Royale. Vue sur le Musée de la Pointe-à-Callière et des Douanes. Photo: Caroline Bergeron)

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(Montréal. Vue à vol d’oiseau de 1645 à 1670.)

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La rédaction de VILLE-MARIE EXPRESS est heureuse de présenter à ses lecteurs et ses lectrices une petite bibliothèque de livres et d’articles ayant trait aux origines de Montréal ou s’y rapportant de près.

Nous considérons de manière fort arbitraire le temps des origines de Montréal de 1642 à 1701. Mais un temps divisé en deux parties distinctes à savoir la période de l’épopée mystique 1642-1665 qui se clôt me semble-t-il avec le départ de Maisonneuve suivie du temps d’une reprise en main de la colonie autant par le roi que par les sulpiciens, nouveaux seigneurs de l’Île de Montréal depuis 1663 jusqu’à la Grande paix de Montréal qui apporte enfin une paix relative autant entre les tribus et nations amérindiennes qu’entre celles-ci et les colons français(1663/1665-1701).

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Allard, Michel et al., La Nouvelle-France 1534-1713, Guérin, Montréal, 1976.

Beaudoin, Léo, «Le tricentenaire de la Grande Paix de Montréal: août 1701», Histoire Québec, vol. 7, no 2, 2011, p. 25-42. (Sur http://Erudit.org).

Boileau, Gilles, «La grande Recrue de 1653», Histoire Québec, vol. 8, no 3, 2003. (Sur http://Erudit.org).

Boulet, Gilles, Lacoursière Jacques et Denis Vaugeois (éds), Le Boréal Express, Journal d’Histoire du Canada, Tome 1 (1524-1760), Tome 2 (1760-1810), Tome 3 (1810-1841), Septentrion, Québec, 2009-2010.

Bourgeoys, Marguerite, Les écrits de mère Bourgeoys: autobiographie et testament spirituel, Congrégation de Notre-Dame, Montréal, 1964.

Brault, Jean-Rémi (éd.), Les Origines de Montréal, Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal, Leméac, Montréal,1993.

Campeau, Lucien, Les finances publiques de la Nouvelle-France sous les Cent-Associés 1632-1665, Bellarmin, Montréal, 1975.

Campeau, Lucien, «Montréal, fondation missionnaire»L’Église de Montréal, 1990. (Une série d’articles).

Campeau, Lucien, «Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve»Les Cahiers des dix, no 41, 1976, p. 157-174. (Sur http://Erudit.org).

Charbonneau, Hubert et al., Naissance d’une population. Les Français établis au Canada au XVIIè siècle, Paris/Montréal, PUF/PUM, 1987.

Daveluy, Marie-Claire, Jeanne Mance 1606-1673, Fides, Montréal-Paris, 1962.

Daveluy, Marie-Claire, La Société de Notre-Dame de Montréal 1639-1663, Son histoire, ses membres, son manifeste, Fides, Montréal-Paris, 1965.

Dechêne, Louise, Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle, Boréal, Montréal, 1988 (réédition).

Deroy-Pineau, Françoise, Jeanne Le Ber, la recluse au coeur des combats, Bellarmin, Montréal, 2000.

Deroy-Pineau, Françoise, Jeanne-Mance, de Langres à Montréal, la passion de soigner, Bellarmin, Montréal, 1995.

Deslandres, Dominique, Dickinson, J. A. , Hubert, Ollivier (Dir), Les Sulpiciens de Montréal. Une histoire de pouvoir et de discrétion 1657-2007, Fides, Montréal, 2007.

Dickinson, John A., «La guerre iroquoise et la mortalité en Nouvelle-France, 1608-1666,» Revue d’histoire de l’Amérique française, vo. 36, no 1, 1982, p. 31-54. (Sur http://Erudit.org).

Dollier de Casson, François, Histoire de Montréal, Eusèbe Sénécal, Montréal, 1871.

Dollier de Casson, François, Histoire de Montréal 1640-1672, réédition de 1992 par Marcel Trudel et Marie Baboyant, HMH, Montréal, 1992.

Duquette, Jean-Pierre (dir.), Montréal 1642-1992, Hurtubise HMH, Ville LaSalle, 1992.

En collaboration, L’Hôtel-Dieu de Montréal (1642-1973), Les Cahiers du Québec, no 13, Collection «Histoire», Hurtubise HMH, Montréal, 1973.

Faillon, Michel, Vie de Mademoiselle Mance et histoire de l’Hôtel-Dieu de Ville-Marie en Canada, Paris, 1854.

Ferland-Angers, Albertine, «La Citadelle de Montréal (1658-1820)», Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 3, no 4, 1950, p. 493-517. (Sur http://Erudit.org).

Harel, Bruno, p.s.s., «Le Domaine du Fort de la Montagne (1666-1860), Montréal artisans, histoire, patrimoine, Société historique de Montréal éd., Fides, Montréal, 1979.

Harvard, Gilles, La grande paix de Montréal de 1701. Les voies de la diplomatie franco-amérindiennes, coll. «Signes des Amériques», Recherches amérindiennes au Québec, Montréal, 1992.

Jamet, Albert, Marguerite Bourgeoys 1620-1700, Presse catholique panaméricaine, Montréal, 1942.

Landry, Yves, Orphelines en France, pionnières au Canada: les Filles du Roi au XVIIè siècle, Montréal/Paris, Leméac/CNRS, 1992.

Landry, Yves (Éd.), Pour le Christ et pour le Roi, la vie aux premiers temps des premiers Montréalais, Art Global/Libre Expression, Montréal, 1992.

Lanctôt, Gustave, Montréal sous Maisonneuve 1642-1665, Beauchemin, Montréal, 1965.

Mondoux, Marie (soeur), L’Hôtel-Dieu, premier hôpital de Montréal (1642-1763), Thérien frères. Montréal, 1942.

Morin, Marie, Histoire simple et véritable, Les Annales de l’Hôtel-Dieu de Montréal, 1659-1725, éd. Ghislaine Legendre, Presses de l’Université, Montréal, 1979.

Oury, Guy-Marie, Aux sources d’une spiritualité, Spiritualité et Mission de Jérôme Le Royer de La Dauversière, Montréal, Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, 1991, pro manuscripto.

Oury, Guy-Marie, Jeanne Mance et le rêve de M. de la Dauversière, C.L.D., Tours, 1983.

Oury, Guy-Marie, «La liquidation judiciaire des biens de Jérôme Le Royer de La Dauversière et le financement de Montréal», Les Cahiers des dix, No 49, 1994, p. 51-73. (Sur http://Erudit.org).

Oury, Guy-Marie, L’homme qui a conçu Montréal, Jérôme le Royer, sieur de La Dauversière, Étude d’une spiritualité, Éd. du Méridien, Montréal, 1991.

Oury, Guy-Marie, «Pierre Chevrier, baron de Fancamp, co-seigneur de l’Île de Montréal» (Nouvelles Recherches), Les Cahiers des dix, no 47, 1992, 11-40. (Sur http://Erudit.org).

Poirier, Jean, «Origine du nom de la ville de Montréal», Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 46, no 1, 1992, p. 37-44. (Sur http://Erudit.org).

Poissant, Simone, Marguerite Bourgeoys 1620-1700, Bellarmin, Montréal, 1993.

Rumilly, Robert, Histoire de Montréal, Fides, Montréal,1970-1974.

Tallon, Alain, La Compagnie du Saint-Sacrement (1629-1667), Spiritualité et société, Paris, 1990.

Triboulet, Raymond, Gaston de Renty 1611-1649, Un homme de ce monde, un homme de Dieu, Préface d’Henri Gouhier, Beauchesne, Paris, 1987.

Trudel, Marcel, «Les débuts d’une société: Montréal 1642-1663: étude de certains comportements sociaux», Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 23, no 2, 1969, p. 185-207. (Sur http://Erudit.org).

Vachon, André, «Dollier de Casson ou l’écriture à l’état naissant», Études françaises, vol. 28, no 2-3, 1992, p. 169-177. (Sur http://Erudit.org).

Les Relations des missionnaires jésuites (1632-1672), en version numérisée, Bibliothèque national du Québec.

http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/numtxt/relations.htm

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LES ORIGINES DE MONTRÉAL (1) « Réforme catholique et altérité: arrière-plan socio-religieux de la fondation de Montréal »

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(Portrait du roi Henri IV qui régna de 1589 à 1610)

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Comme convenu, voici la recension du premier texte du livre Les Origines de Montréal* intitulé Réforme catholique et altérité: arrière-plan socio-religieux de la fondation de Montréal de l’historienne Dominique Deslandres**.

Appuyée sur une bibliographie solide où l’on y retrouve entre autre l’historien des mentalités et du Moyen-Âge, Jean Delumeau ainsi que George Duby, lui aussi historien médiéviste, Dominique Deslandres nous brosse un tableau voire un état des lieux de la France de la fin du XVIème et de la première moitié du XVIIème siècle.

Comme le titre l’indique, elle nous offre l’arrière-plan socio-religieux à savoir la toile de fond sur laquelle s’est développée le projet missionnaire des Montréalistes comme on les appelait parfois à l’époque.

Mais d’entrée de jeu, elle nous décrit d’abord l’état dans lequel se trouve le Royaume de France ainsi que l’Église de France. Avec l’arrivée du roi Henri IV (1589-1610), c’est le début d’une relative paix sociale qui succède à quelques décennies de guerre civile avec son lot de violence, de destructions matérielles et de déliquescence sociale.

À partir de 1604, Henri IV avec le soutien des évêques de France verra à « normaliser » l’ordre des choses autant dans la vie civile que dans la vie religieuse. Dans la foulée du renouveau pastoral insufflé par les décrets du Concile de Trente (1645-1665), l’Église de France n’ayant pas attendu la réception complète de ceux-ci est engagée dans un processus de réforme intérieure et de réforme institutionnelle qui conjuguées ensemble favorisera une remontée en puissance du catholicisme français.

La France d’alors est dans un processus de mutation au plan économique et social. Bien que 85% des 18 à 20 millions de français soient liés à la terre, le moins de 1/10ème que représente les citadins-urbains impulse une dynamique économique et c’est sur ce phénomène urbain que prendra appui la monarchie et l’Église de France.

Le propos de l’auteure nous montre comment une élite socio-religieuse nourrie d’un idéal de chrétienté se veut en phase non seulement avec les décrets tridentins mais aussi avec le nouvel ordre économique et social qui pointe à l’horizon.

C’est en quelque sorte un projet encadreur et encadrant que vise les autorités ecclésiales afin de donner naissance à un nouveau moule de chrétien qui à terme donnera un Français moderne, catholique et tridentin. Mais pour ce faire, le premier grand obstacle à surmonter est l’ignorance religieuse.

Plus de cent ans après avoir découvert un nouveau continent, après quelques décennies où des missions catholiques se sont déployées ça et là sur différents continents pour la conversion de sociétés inconnues, l’Église de France constate que la majorité de son peuple chrétien est en quelque sorte sous-christianisé.

Dominique Deslandres fait bien ressortir que nous sommes ici dans un processus de réforme par le haut c’est-à-dire par une élite cultivée, dévote et en mesure de financer des projets de missions d’évangélisation autant à l’intérieur du pays qu’en dehors. Foncièrement, ce grand effort de rénovation et de réformation « visait à populariser le modèle chrétien et moral des élites » (p.29).

Et c’est dans ce contexte qu’un certains nombre de dévots ont imaginé le projet d’une mission particulière d’évangélisation en terre d’Amérique française, plus précisément sur l’île de Montréal.

Nous avons résumé de manière très schématique le travail de recherche de Dominique Deslandres qui ouvre l’ensemble des textes colligés dans ce livre portant sur les origines de Montréal. Ce texte met agréablement la table pour le second qui porte nommément sur la Compagnie du Saint-Sacrement (1630-1667) qui sera maître-d’oeuvre du projet missionnaire relayée par la Société de Notre-Dame de Montréal (1639-1663) et ses différents protagonistes.

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* BRAULT, Jean-Rémi. Les Origines de Montréal, Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal, Leméac, Montréal, 1993.

** Dominique Deslandres, historienne, est professeure titulaire au département d’histoire de l’Université de Montréal et a participé à la fondation du Centre d’Études des Religions (CERUM).

CHRONIQUE LIVRES

VILLE-MARIE EXPRESS tiendra régulièrement une chronique portant sur des publications ayant trait à l’histoire de Montréal. En stricte rigueur de termes ce sera moins une recension en bonne et due forme qu’une présentation général d’un livre ou d’un article en faisant ressortir ses lignes de force et ses informations pertinentes.

À tout seigneur tout honneur, notre première présentation portera sur un livre intitulé Les Origines de Montréal *. Ce livre est le fruit d’un colloque organisé par la Société historique de Montréal tenu il y a 23 ans dans le cadre du 350ème anniversaire de Montréal (Mai 1992).

Jean-Rémi Brault s’est assuré de colliger les seize textes qui ont été lus lors de ce colloque et en signe l’introduction. Le résultat donne un livre de 277 pages où l’on revisite à frais nouveau différents aspects des débuts de la colonie/bourgade de Ville-Marie.

L’ensemble de l’ouvrage nous permet autant de mieux connaître l’arrière-plan socio-religieux de la France catholique de la première moitié du XVIIème siècle sur lequel s’est édifiée cette folle aventure en terre nord-américaine que le rôle des différents protagonistes qui ont donné naissance à un projet original de « colonisation » et d’évangélisation.

Puisque chacun des textes figurant dans cette publication méritent une présentation adéquate et un commentaire particulier, VILLE-MARIE EXPRESS échelonnera sur plusieurs semaines la présentation des seize articles regroupés dans le volume.

Ainsi, vous retrouverez sous peu une appréciation du texte de l’historienne Dominique Deslandres intitulé Réforme catholique et altérité: arrière-plan socio-religieux de la fondation de Montréal.

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* Jean-Rémi BRAULT (dir.). Les Origines de Montréal. Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal. Leméac. Montréal. 1993

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(page couverture de la maquette du livre Les Origines de Montréal)

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Jean-Rémi Brault est maître en histoire de l’Université d’Ottawa. Il a fait carrière dans l’enseignement et dans la gestion de bibliothèques. Il a été directeur général à la Bibliothèque Nationale du Québec.