LE MUSÉE DES HOSPITALIÈRES DE L’HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL

musée RHSJ Laforest 2011

(Photo: Alain Laforest, 2001; Le site officiel du Mont-Royal)

01 escalier

(Une partie de l’escalier de chêne du musée. Source: Itinéraires Musées)

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C’est dans le cadre du 350ème anniversaire de la fondation de Montréal que fut inauguré le 18 mai 1992 le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal et ce dans le même élan que l’inauguration du Musée de Pointe-à-Callière.

Ainsi, c’est dans la foulée des préparatifs menant à la commémoration du 350ème de Montréal (1992) que nous nous sommes dotés de deux musées ayant trait à l’histoire de Montréal et à ses origines (1642) à savoir le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, mieux connu sous l’appellation de musée Pointe-à-Callière et un peu moins connu le musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Aujourd’hui dans le cadre de cet article, nous nous intéressons au musée des Hospitalières. D’entrée de jeu, il importe de souligner qu’un projet muséal ne s’improvise pas. il faut être en mesure de répondre aux exigences de la muséographie. Il faut procéder à l’inventaire de la collection: documents d’archives, objets, artefacts, oeuvres d’art.

Puis suite à une étude de faisabilité et d’évaluation du patrimoine conservé, l’on peut procéder à l’étape de la mise sur pied physique d’un musée. C’est ce à quoi se sont astreintes les soeurs Hospitalières de l’Hôtel-Dieu. Les différentes expertises requises se firent entre 1985 et 1987. Tout ce travail d’inventaire et d’analyse a été validé par des spécialistes et des muséologues. La table était mise pour la réalisation d’un projet muséal dont la décision fut prise en 1988.

Il faut dire que les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph (RHSJ) qui au fil des trois derniers siècles avait accumulé une imposante collection d’objets et de documents n’en étaient pas à leurs premières armes. En effet, sporadiquement au cours du XXème siècle, elles avaient commémoré certains événements et anniversaires liés à la vie de leur communauté. On pense, entre autre chose, au tricentenaire de la mort de Jeanne Mance en 1973 où une année entière, elles tinrent une exposition d’objets et de documents en leur possession.

C’est cette longue tradition de commémoration d’événements et d’anniversaires qui conduisit, petit à petit, les Hospitalières à envisager le projet d’un vrai musée avec un lieu physique permanent, doté d’une exposition permanente et complété par des expositions temporaires. En 1983, l’on crée au sein de la communauté des RHSJ un secteur des biens historiques doublé d’un comité du musée dont le tout se concrétise vers la fin des années 80 comme mentionné plus-haut.

Tout en étant de taille modeste, le musée des Hospitalières de l’avenue des Pins répond aux normes les plus modernes de la muséographie. Il se meut dans les entrelacs de l’histoire, de la médecine, de la science des soins, de la religion et de l’architecture. C’est un lieu intimement lié à la mémoire et à l’origine de Montréal.

On ne peut terminer cet article sans parler de ce fameux escalier de chêne installé dans le hall d’entrée. Cet escalier vient de l’ancien prieuré de Saint-Thomas de La Flèche (Sarthe). Il est de chêne sculpté datant du XVIème siècle et il est un modèle classique de l’artisanat angevin de l’époque. Cet escalier de chêne monte deux étages de vingt et une marches chacun. La hauteur du sol au premier est de 3,42 m et du premier au second de 3,38 m.

Cet escalier offert en 1963 par le département de la Sarthe (France) à la Ville de Montréal fut entièrement rénové par les Compagnons du Devoir. Une rénovation qui nécessita l’ajout d’élément en chêne canadien d’où certains contrastes avec le brun foncé du bas de chêne d’origine. Puis la Ville de Montréal en fit cession aux Hospitalières dans le cadre du projet de leur musée en 1992.

Voici comment s’est exprimé le préfet de la Sarthe de l’époque, Monsieur Pierre-Marcel Wiltzer qui en fit cadeau au maire de Montréal Jean Drapeau. « Ce don de la Sarthe à la mairie de Montréal constitue le témoignage le plus éclatant de la solidité des liens séculaires et familiaux qui existent entre nos deux peuples ».

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BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE:

ETTER, Éric, Le musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Continuité, no 55, 1992-1993, p. 42-45/ http://id.erudit.org/iderudit/16342ac

LANDRY, Armour, L’escalier de chêne de La Flèche: souvenir au pays angevin, Vie des Arts, no 32, 1963, p.62-63/ http://id.erudit.org/iderudit/58503ac

MIRANDETTE, Marie-Claude, Deux musées en marge des grandes institutions, Vie des Arts, vol. 137, no 148, 1992, p. 44-53/ http//id.erudit.org/iderudit/53646ac

PAYER, Thérèse et Nicole Bussières, L’Hôtel-Dieu de Montréal fondé par Jeanne Mance célèbre son 350è anniversaire, Pierres vivantes, 1991, p.8-9.

TRUDEL, Jean, Le musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal: un musée à visiter, Histoire Québec, vol. 2, no 1, 1996, p. 30/ http://id.erudit.org/iderudit/71379ac

LIEN UTILE:

http://museedeshospitalieres.qc.ca/accueil/

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