ÉTIENNE DE LESSART (CHAMBOIS 1623/SAINT-ANNE-DE-BEAUPRÉ 1703) PIERRE BILLAUX ET LA RÉSISTANCE

 

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(Vue aérienne d’une partie de la commune de Chambois)

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(Un dessin non officiel représentant la bouille d’Étienne de Lessart)

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(Un encadré résumant la biographie d’Étienne de Lessart)

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(Pierre Billaux. Photo du jeune résistant à l’âge de 18 ans)

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(Monsieur Pierre Billaux décoré de la Croix de la Légion d’honneur remise par Mme Françoise Comte, présidente départementale des combattants de la Résistance)

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(Pierre Billaux entouré à gauche par une amie d’Amnesty International et à sa droite par sa douce Paulette)

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La rédaction de VILLE-MARIE EXPRESS est heureuse de présenter un texte portant sur un colon français venu s’établir en Nouvelle-France et qui n’est point lié directement à la fondation de Ville-Marie. Son port d’attache est plutôt la ville de Québec et son environnement. Cela fera plaisir au maire actuel de notre vraie Capitale Nationale, le maire Régis Labaume. Il s’agit d’un dénommé Étienne de Lessart dont le nom de famille a pu s’orthographier Lessard avec le temps. Et qui a donné à la longue, la lignée familiale des Lessard dans tout le Québec.

Étienne de Lessart est né à Chambois (France), un petit hameau, qui aujourd’hui est une commune française d’environ 425 habitants (statistique de 2010). À quelque quatre siècles de distance, c’est aussi le village natal du philosophe français bien connu Michel Onfray.

Le jeune Étienne s’embarque pour la Nouvelle-France à l’âge de 22 ans. Il s’établit à Québec en 1646. Il y exercera, d’abord, le métier de caboteur. Puis, il se fera cultivateur, capitaine de milice et seigneur (propriétaire terrien).

Le 8 mars 1658, Étienne de Lessart concède certaines terres en vue de la construction de la première chapelle de bois dédiée à Sainte Anne, personnage, particulièrement, prisée et vénérée en Nouvelle-France. C’est ainsi que commença l’histoire de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Lors du recensement de 1681, il déclara avoir 59 ans, être marié à Marguerite Sévestre, 45 ans, et, avoir dix enfants dont l’aîné s’appelle Étienne. Puis, au plan plus matériel, il se dit propriétaire de trois fusils, sept bêtes à cornes et quarante arpents en valeur.

Il meurt le 19 avril 1703, victime comme d’autres habitants de la Nouvelle-France de l’épidémie de petite vérole qui sévissait alors. Puis, le 21 avril 1703, Étienne de Lessart est enterré sous la sacristie de l’église de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Mais pourquoi donc vous entretenir de belles considérations sur Étienne de Lessart? Hé bien, pour deux raisons voire même trois. Premièrement, un vieil ami à nous du nom de Marcel Lessard se réclame de la descendance de ce Étienne de Lessard ou du moins s’est, depuis longue date, reconnu dans cet ancêtre homonyme (Lessart/Lessard) de la Nouvelle-France.

Puis en 1993, l’abbé Lessard, lors d’un voyage en France, sachant que quelqu’un pouvait l’informer un peu plus sur Étienne de Lessart osa aller frapper à la porte d’un dénommé Billaux. Il découvrit alors Pierre et Paulette Billaux avec lesquels les aménités furent partagées, particulièrement autour d’un bon repas préparé par Paulette.

Avec les années, une amitié discrète s’est installée entre le couple français des Billaux et l’abbé Lessard. Au coeur de cette amitié, il y a bien sûr Étienne de Lessard. Mais, il y a aussi, ce qu’il y a de l’ordre de l’indicible, et, qui réfère aux années quarante dans la France occupée. En effet, Pierre Billaux est, en quelque sorte, un rescapé de la Deuxième Guerre mondiale.

À l’âge de 18 ans, le jeune Pierre Billaux fait dans la résistance. Mais les autorités françaises étant au parfum des activités de la Résistance de Chambois, la Gestapo y mène une opération de captures le 3 mai 1944. Le jeune Billaux est arrêté et interné à Alençon puis transféré à Compiègne.

Le 28 juillet 1944, il est finalement déporté au camp de Neuengamme (Allemagne) puis à Blumenthal (Allemagne). Puis dans ce qui s’avère une opération d’élimination massive de l’ennemi, 10 000 prisonniers sont embarqués dans des wagons à bestiaux jusqu’à Lübeck pour être transférés dans trois bateaux destinés à être coulé au large. Seul, celui où se trouve Pierre Billaux s’en sort.

Et, pour la petite histoire locale, mais qui a un retentissement historique plus large, c’est non loin de Chambois qu’eut lieu une bataille décisive contre les Allemands à moins d’un an de la capitulation. Connue sous le nom de la bataille de la Poche de la Falaise, les soldats polonais de la 1ère division blindée du général Maczek bloquent et mettent en déroute l’armé allemande au Mont Ormel, tout près de Chambois. Les Allemands battent en retraite le 21août 1944. Ainsi prend fin la bataille de Normandie.

Aujourd’hui, Pierre Billaux soutenue par son épouse Paulette, en plus d’être membre honoraire d’Amnesty International, a été, au cours des dernières années, un vaillant promoteur d’une place Étienne de Lessart à Chambois en mémoire de ce jeune chamboisien de 22 ans qui a participé à l’aventure des débuts de la Nouvelle-France.

En conclusion, un vieil ami à nous, en la personne de l’abbé Marcel Lessard, participera le samedi 17 septembre 2016 à l’inauguration de la place Étienne de Lessart sous l’invitation officielle de la mairesse de Chambois, Mme Véronique Chabrol. Mais aussi, sous l’invitation amicale de M. Pierre Billaux, quelques semaines avant les formalités habituelles que requièrent ce genre d’invitation. Vive le Québec! Vive la France! Vive la Nouvelle-France! Vive à ce qui reste disponible à advenir!

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P.S. Si vous voulez, par curiosité, prendre connaissance du carton d’invitation envers l’abbé Marcel Lessard de la mairesse de Chambois, Mme Véronique Chabrol, cliquez le lien.

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ÉDITORIAL: 375è DE MONTRÉAL. DE L’HISTOIRE, IL Y EN AURA

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(Une représentation des premiers bâtiments de Ville-Marie situés sur le pourtour de ce que l’on connaît maintenant comme la Pointe-à-Callière.1645.)

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(Une vue sur le centre-ville de Montréal et son quartier des affaires.)

Photo aérienne du Stade olympique, le lundi 5 mars 2012, à Montréal. MAXIME LANDRY/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

Photo aérienne du Stade olympique, le lundi 5 mars 2012, à Montréal.
MAXIME LANDRY/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI.

(La carte postale de Montréal.Vue aérienne du stade olympique de Montréal. L’une des deux grandes attractions touristiques de Montréal avec l’Oratoire Saint-Joseph.)

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Dans la foulée et au seuil des différentes rentrées (scolaire, universitaire, professionnelle, juridique, parlementaire, gouvernementale, et j’en passe), il y a, bien sûr, la rentrée de VILLE-MARIE EXPRESS. Et le temps nous est compté.

En effet, si nous avons pris congé, un peu malgré nous, d’une parution régulière pendant l’été, sachez cher lectorat, d’ici et d’Outre-Atlantique, que nous avons en banque des amorces bien avancées de quelques textes vachement intéressants comme disait un ancien ami propriétaire d’une ferme laitière.

Je pense, entre autres textes, à ceux portant sur l’art dans le métro de Montréal. Hé oui, les stations de métro prisent dans leur ensemble sont un Musée d’art contemporain, et ce, dès l’ouverture des premières stations en 1966. Sans oublier le texte, sur le stade olympique (1976-2016) et ses quarante ans, celui sur le Jardin Botanique de Montréal et ses quatre-vingt-cinq ans (1931-2016). Et pour faire un clin d’oeil à la jeune génération et à toutes celles qui l’ont précédées, un texte sur le Collège de Montréal (1767-2017) fort de ses 250 ans et, qui se targue, avec fierté, sur grandes affiches de pub, d’être le premier Collège de Montréal. Incidemment, notre premier Collège de Montréal, les 8 et 9 septembre prochains procédera au lancement de la programmation spéciale du 250è anniversaire dudit collège à la salle Jacques-Giguère de l’Ermitage. On en reparle bientôt.

Nous aborderons aussi dans les prochains mois le début des activités du Comité du 375è. Pour le moment ce que l’on sait tous c’est qu’il y aura un lancement officiel des festivités du 375è, le mercredi 21 décembre 2016. Mais on apprenait, il y a quelques jours, qu’il y aura, préalablement, un lancement télévisuel dix jours avant. Hé oui, le dimanche 11 décembre 2016, soit dix jours avant le lancement officiel, les quatre grands diffuseurs télé du Québec, nous proposerons, en simultané, une émission de variétés (hé oui de variétés et non d’histoire) des Productions Éric Salvail dont notre bon maire Coderre s’en pourlèche déjà les babines. On sera sûrement loin d’une soirée genre Les Beaux Dimanches du Radio-Canada des années 60/70, mais que voulez-vous, comme disait un ancien premier ministre du Canada uni d’un océan à l’autre voire d’un Atlantique à l’autre et qui prônait le bilinguisme français-anglais dans la même phrase. Mais ça c’est une autre affaire.

Pour ceux et celles qui se demandent encore pourquoi les célébrations commencent le 21 décembre 2016, c’est tout simplement que de cette date jusqu’au 31 décembre 2017, il se sera écoulé 375 jours. Fallait juste y penser. Et le Comité du 375è et son commissaire M. Gilbert Rozon y ont pensé.

Cela dit, ne vous inquiétez pas, mon éditorial portera sur quelque chose de plus sérieux, du moins j’espère. En fait, pour reprendre une expression très française qu’utilisait Pierre Bourgault, hé bien, laissez-moi vous dire que J’EN AI MARRE d’entendre tout un chacun claironner que l’Histoire de Montréal est et sera le parent pauvre de ce 375è de Montréal.

J’admets que le Comité du 375è est centré et obnubilé par le tintamarre, le visuel, la grande fête, le tape-à-l’oeil, le gros party quoi. Je sais que pour toutes sortes de raisons le Comité n’a pas soutenu financièrement des projets pilotés par des Sociétés historiques de différents secteurs de Montréal. Mais, il y a un mais, en effet beaucoup de personnes et d’organismes pour ne pas dire d’institutions sont fins prêtes pour offrir aux Montréalais, aux touristes et à n’importe quel quidam, un détour par l’Histoire de Montréal par des activités qui s’adressent à l’intelligence et à la sensibilité éclairée des gens.

Et puisque nous souscrivons à la célèbre maxime du philosophe René Descartes (1596-1650) à savoir «que le bon sens est la chose du monde la mieux partagée», nous osons croire que nos concitoyens profiteront du 375è anniversaire de la fondation de Montréal pour mieux connaître non seulement l’histoire de Montréal, mais sa géographie et sa géologie, son développement culturel et sportif, son lien affectif avec le CH (pourquoi pas ? un peu de psycho-sociologie du sport), le présent et le futur que nous réserve l’Espace Vie dont la pierre angulaire demeure le Jardin Botanique de Montréal auquel on devrait rattacher le nom du fondateur à savoir le frère Marie Victorin. Cela pourrait donner le Jardin Botanique de Montréal/Marie-Victorin. Sans oublier le nouveau Planétarium qui lui s’appelle bien Planétarium (Rio Tinto) et le Biodôme (pourquoi pas le Biodôme de Montréal/Jean-Doré, maire de Montréal de 1986 à 1994 et initiateur de ce projet).

Mais pour revenir à l’histoire de Montréal et à son patrimoine historique, culturel, artistique et surtout archivistique, préservé particulièrement par les communautés religieuses, nous savons que le 375è sera l’occasion de mettre en valeur tout ce patrimoine. D’ailleurs, faisant référence aux archives, les Montréalais et Montréalaises ne peuvent s’imaginer tous les trésors archivistiques qui dorment paisiblement dans des locaux non seulement de communautés religieuses, mais aussi, de l’Archevêché de Montréal sans oublier les archives de nos illustres Messieurs de Saint-Sulpice auxquels nous réservons un bel et bon texte dans la foulée du livre « Les Sulpiciens, une histoire de pouvoir et de discrétion.1667-2007 » (Deslandres, Dickinson, Hubert, Fides, Montréal, 2007).

En rappelant à nos lecteurs et lectrices les activités de conférences sur l’histoire de Montréal abordant différents thèmes et sous différents angles. On pense ici, à l’équipe du Rêver Montréal/375è qui depuis l’hiver 2016 présente mensuellement des conférences sur Montréal.

D’ailleurs, dans la foulée de la rentrée culturelle et religieuse, Rêver Montréal/375è présente une conférence du jeune historien québécois, Stéphane Martel dont l’intitulé est « Le rôle des gens d’affaires à la fondation de Montréal » qui aura lieu le lundi 19 septembre 2016. D’autres conférences sont programmées tout au long de 2016-2017. Nous vous tiendrons au courant.

Nous ne pouvons passer à côté du Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal (1992-2017), mieux connu sous l’appellation du Musée de Pointe-à-Callière qui lui fêtera son premier quart de siècle, et son projet d’agrandissement avec une nouvelle aile qui conduira le visiteur à même le site du Fort construit par la recrue de 1642.

Nous pensons à notre journal-web, VILLE-MARIE EXPRESS, dédié à l’Histoire du Montréal d’antan et d’aujourd’hui qui tout en produisant des textes soutenus par une iconographie (photos, peintures, sculptures) tente non seulement d’informer, de cultiver mais aussi de faire circuler l’information afin que l’on sache ce qui se prépare, ce qui se fait et ce qui sera montré lors du 375è.

Mais en plus, nous le crions et le répétons à tue-tête mais avec délicatesse que VILLE-MARIE EXPRESS est lu et apprécié par un réseau d’amis et de connaissances Outre-Atlantique, c’est-à-dire en France, particulièrement à La Flèche (Jérôme Le Royer de La Dauversière), Langres (Jeanne Mance), Troyes (Marguerite Bourgeoys), Brouage, (Champlain et le Mémorial de la Nouvelle-France dans l’église de Saint-Pierre et Saint Paul) et son projet normalement prévu à l’été 2017 du dévoilement de la neuvième verrière du Mémorial de la Nouvelle-France en hommage à Marguerite Bourgeoys. Que voulons-nous de plus?

Somme toute, il n’en tient qu’à nous de faire de ce 375è anniversaire de la fondation de notre ville et de la métropole du Québec un moment de ressourcement historique et culturel. Et qui sait, si un jour pas si lointain, cette ville pourrait être non seulement la métropole d’une province mais la métropole d’un pays, d’un État complet possédant tous les pouvoirs régaliens afin de bien refléter le Maître chez nous d’une certaine époque. Mais ça c’est une autre affaire. Mais cela in fine c’est l’affaire de la naissance d’un peuple particulier niché sur un beau grand territoire en Amérique du Nord et ce depuis 1604, d’abord en Acadie, puis après en 1608 à Québec, puis encore après en 1642 dans ce qui initialement se voulait être une simple réduction pour missionnaires catholiques venus évangéliser et vivre avec les autochtones dans un lieu connu initialement sous le nom de Ville-Marie qui de simple bourgade est devenue la grande ville de Montréal que nous connaissons maintenant.

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TROIS LIENS UTILES POUR EN SAVOIR PLUS

LE SITE RÊVER MONTRÉAL/375è (rubrique conférences mensuelles) ; LE SITE DU MUSÉE D’ARCHÉOLOGIE ET D’HISTOIRE DE MONTRÉAL (rubrique nouveau développement); LE SITE DU COLLÈGE DE MONTRÉAL (1767-2017).

http://revermontreal.com/#conferences

http://www.pacmusee.qc.ca/fr/a-propos-de-pointe-a-calliere/musee/projets-futurs-expansion-musee

http://college-montreal.qc.ca/

AVIS DE DÉCÈS DE M. LÉO BEAUDOIN (1923-2016)

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(Léo Beaudoin.1923-2016)

Le président de la Société historique de Montréal, M. Jean-Charles Déziel nous apprend le décès de M. Léo Beaudoin, qui fut président de la Société historique de Montréal de 1995 à 1997 et rédacteur du Bulletin de la Société de 1996 à 2010. En 2010, il fut lauréat du prix Percy W. -Foy de la Société historique de Montréal. Cet honneur lui fut décerné pour une biographie étoffée, de Jacques Viger * (1787-1858), premier maire de Montréal et membre fondateur de la Société historique de Montréal, en collaboration avec Renée Blanchet, chez VLB, éditeur.

De notre côté, nous croyons que la meilleure manière de rendre hommage à une personne de culture, c’est de renvoyer nos lecteurs et lectrices à un article remarquable de M. Léo Beaudoin paru dans Histoire Québec portant sur la Grande Paix de Montréal de 1701 dont nous nous sommes inspiré pour notre article portant le sort des Autochtones aujourd’hui en lien avec ce projet réussi de Grande Paix de Montréal **.

P. S. Les funérailles auront lieu le samedi 9 juillet prochain à 14h00 en l’église Saint-Antoine-sur-Richelieu, 1028 du Rivage.

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Pour accéder à l’article de Léo Beaudoin

http://www.erudit.org/culture/hq1056841/hq1058394/11445ac.pdf

*Je vous renvoie à notre article sur Jacques Viger dans la section notice biographique.

http://ville-marie-express.quebec/index.php/2015/04/12/jacques-viger-1787-1858/

* * Je vous renvoie à notre article sur la Grande Paix de 1701.

http://ville-marie-express.quebec/index.php/2015/12/27/de-la-grande-paix-de-1701-a-la-grande-reconciliation-du-xxieme-siecle/

BROUAGE, LA VILLE, SON ÉGLISE, SON MÉMORIAL SON CHAMPLAIN (1567/ 1574?-1635)

 

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  (L’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Brouage. Construction terminée en 1608. Édifice inscrit au titre des monuments historiques de France en 1931)

                             

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(Vue de l’intérieur de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul. Le sol de l’église est couvert de nombreuses dalles funéraires qui datent du XVIIè siècle et sous lesquelles reposent d’anciens gouverneurs, militaires et riches commerçants d’autrefois)

 

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(L’épopée de l’Isle Sainte-Croix. 1604. Premier établissement français en Amérique du Nord. Sous le commandement de Pierre Du Gua de Mons. Champlain faisait partie du voyage. Don du Nouveau-Brunswick représenté par M. Richard Hatfield, premier ministre. 1982. Réalisation: Nicolas Sollogoub)

 

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(Fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain. 1608. Don de la ville de Québec représentée par M. Jean Pelletier, maire. 1983. Réalisation: Nicolas Sollogoub)

 

BROUAGE 3

(Hommage à la cité de Brouage. Don de l’État français conjointement avec la région Poitou-Charente, le département, la commune, le Comité du mémorial et la paroisse. 1987. Carton et maquette: Nicolas Sollogoub. Réalisation: Jacques Viviani)

BROUAGE 4

(Souvenance: L’Ontario au temps de la Nouvelle-France. Don de l’Ontario représentée par M. Bob Rae, premier ministre. 1991. Réalisation: Stephan Taylor)

 

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(Le bienheureux François de Montmorency-Laval (1623-1708). Don particulier de Mme Simone Guichard. 1995. Réalisation: Nicolas Sollogoub)

 

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(Le Québec au fil de son histoire. Don du Québec représenté par Mme Diane Lemieux, ministre d’État à la Culture et aux Communications. 2001. Réalisation: Nicolas Sollogoub)

 

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(Les Origines de Montréal (1642). Don de la ville de Montréal représentée par M. Gérald Tremblay. 2007. Réalisation: Nicolas Sollogoub)

 

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(Jeanne Mance. 2015. Réalisation: Nicolas Sollogoub)

(En attente pour 2017-2018, un vitrail dédié à Marguerite Bourgeoys)

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(Nicolas Sollogoub. 1925-2014. À Montréal en 2011. Photo: LE DEVOIRAnnick MH de Carufel)

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(Ceci n’est pas une pipe. René Magritte.1898-1967)

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(Ceci n’est pas Champlain. Faux portrait de Samuel de Champlain à partir d’une gravure de Michel Particelli, un financier au service du roi, par Balthazar Moncornet en date de 1654. Bibliothèque et Archives du Canada)

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(Situation géographique de la région de Charente-Maritime)

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Brouage (Charente-Maritime) c’est la ville natale de Samuel de Champlain (1567/1574?-1635) connu comme le fondateur de l’Habitation de Québec (1608). Ce grand cartographe, navigateur et explorateur a donné son nom à un pont qui enjambe la rive nord et la rive sud du Saint-Laurent à Montréal. Lorsque récemment, le gouvernement fédéral décida de la construction d’un nouveau pont pour remplacer l’ancien devenu, précocement vétuste, il a eu la velléité et le malheur d’en vouloir changer le nom (2014).

Hé bien, croyez le ou non, il y eut à Montréal voire même au Québec une levée de bouclier pour défendre la nomination du nouveau pont. Pour les Montréalais, l’ancien pont Champlain devait être remplacé par un nouveau pont au nom de Champlain . Le gouvernement fédéral de l’époque (gouvernement Harper. 2006-2016) soucieux d’éviter la grogne populaire quelques mois avant l’élection de 2016 et, de ne surtout pas perdre la face devant les Montréalais et les Québécois, décida au final de remplacer le nom du pont Champlain par le pont Samuel de Champlain! Le gouvernement Harper ayant, tout de même, plus ou moins perdu la face dans le dossier de la nomination du pont Champlain perdit en plus l’élection d’octobre 2015. Et, depuis ce temps, l’on ne voit plus la face de M.Harper!

À coup sûr, l’on peut associer le nom de Champlain à la tentative finalement réussie d’une habitation en Acadie (1604) sous la gouverne, tout de même, de Pierre Du Gua de Mons. Mais par définition, l’on associe plutôt Champlain à la fondation de l’Habitation de Québec. Mais il ne faut pas oublier que Champlain a foulé le sol de la future Ville-Marie.

En effet, la curiosité de Champlain en tant que cartographe et explorateur de la côte est de l’Amérique du Nord, a fait en sorte, qu’en 1611, il s’est arrêté sur la pointe de terre circonscrite par le fleuve Saint-Laurent et la petite rivière Saint-Pierre sur laquelle il créa la place Royale autour de laquelle sera construite, quelque trente ans plus tard, la bourgade fortifiée de Ville-Marie (1642). Cet espace sera connu plus tard sous le nom de la Pointe-à-Callière (Hector Callière) d’où est né le Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal situé sur la Pointe-à-Callière! Comme dit le poète toutt est dans toutt.

Hé bien, imaginez-vous, chers lecteurs et chères lectrice que les bonnes gens de Brouage ont décidé de créer un Mémorial dédié à la fondation de la Nouvelle-France. Ce Mémorial de la Nouvelle-France se décline artistiquement et principalement par l’équivalent de huit vitraux (en attente d’un neuvième) installés à travers la pierre de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Brouage.

Nous avons reçu ces dernières semaines un membre très pro-actif du comité du Mémorial de la Nouvelle-France de Brouage en la personne de M. Thaddée Grzresiak. Avec un nom de famille comme cela ça fait plus polonais que français. Effectivement, M. Grzesiak est un Français d’origine polonaise! Et, en ce temps d’Euro 2016, cela nous a permis de parler foot, d’autant plus qu’au moment d’écrire ces lignes la France et la Pologne se sont qualifiées pour les quarts de finale et que malheureusement, l’Angleterre vient de connaître, en l’espace de quelques jours un second Brexit, cette fois-ci face à l’Islande, l’équipe cendrillon de l’Euro 2016.

C’est une première prise de contact avec Brouage mais c’est probablement le début de ce qui pourrait aboutir à une Amitié Montréal-Brouage ou Amitié Brouage-Montréal. Nous savons que M. Grzesiak a rencontré des soeurs de la Congrégation de Notre-Dame (c.n.d.), des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph (r.h.s.j.) ainsi qu’une bonne partie du gratin de Montréal dont nous même sans oublier l’incontournable, abbé Marcel Lessard, la référence du diocèse de Montréal, en ce qui a trait aux liens et aux amitiés Montréal/Nouvelle-France depuis près de vingt-cinq ans (1992-2016…). Comme vous le constatez la modestie nous sied bien!

Nous reviendrons sous peu sur ce futur ancrage entre Brouage et Montréal parce que ce Mémorial de la Nouvelle-France qui se décline artistiquement en huit vitraux (en attente d’un neuvième) en l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Brouage, hé bien, ce neuvième vitrail sera dédié à la mémoire et à la vie engagée de Marguerite Bourgeoys (1620-1700) fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame. Il pourrait être inauguré en 2017, en plein moment des célébrations du 375è de Montréal ce qui serait vivement souhaité ou au plus tard en 2018.

Et surtout, nous reviendrons sur le maître-verrier Nicolas Sollogoub (1925-2014) qui a créé la majorité des vitraux de Brouage mais aussi pour vous dire que M. Nicolas Sollogoub, malheureusement, plus ou moins connu dans notre ville, est cet artiste derrière les verrières d’un certain nombre de stations de métro de Montréal, particulièrement la station McGill!

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http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/413888/nicolas-sollogoub-1925-2014-le-quebec-perd-un-pionnier-de-l-art-public

http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2014/11/29/001-nom-futur-pont-champlain.shtml

 

LA BIBLIOTHÈQUE DES ORIGINES DE MONTRÉAL (1642-1701)

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(La Place Royale. Vue sur le Musée de la Pointe-à-Callière et des Douanes. Photo: Caroline Bergeron)

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(Montréal. Vue à vol d’oiseau de 1645 à 1670.)

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La rédaction de VILLE-MARIE EXPRESS est heureuse de présenter à ses lecteurs et ses lectrices une petite bibliothèque de livres et d’articles ayant trait aux origines de Montréal ou s’y rapportant de près.

Nous considérons de manière fort arbitraire le temps des origines de Montréal de 1642 à 1701. Mais un temps divisé en deux parties distinctes à savoir la période de l’épopée mystique 1642-1665 qui se clôt me semble-t-il avec le départ de Maisonneuve suivie du temps d’une reprise en main de la colonie autant par le roi que par les sulpiciens, nouveaux seigneurs de l’Île de Montréal depuis 1663 jusqu’à la Grande paix de Montréal qui apporte enfin une paix relative autant entre les tribus et nations amérindiennes qu’entre celles-ci et les colons français(1663/1665-1701).

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Allard, Michel et al., La Nouvelle-France 1534-1713, Guérin, Montréal, 1976.

Beaudoin, Léo, «Le tricentenaire de la Grande Paix de Montréal: août 1701», Histoire Québec, vol. 7, no 2, 2011, p. 25-42. (Sur http://Erudit.org).

Boileau, Gilles, «La grande Recrue de 1653», Histoire Québec, vol. 8, no 3, 2003. (Sur http://Erudit.org).

Boulet, Gilles, Lacoursière Jacques et Denis Vaugeois (éds), Le Boréal Express, Journal d’Histoire du Canada, Tome 1 (1524-1760), Tome 2 (1760-1810), Tome 3 (1810-1841), Septentrion, Québec, 2009-2010.

Bourgeoys, Marguerite, Les écrits de mère Bourgeoys: autobiographie et testament spirituel, Congrégation de Notre-Dame, Montréal, 1964.

Brault, Jean-Rémi (éd.), Les Origines de Montréal, Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal, Leméac, Montréal,1993.

Campeau, Lucien, Les finances publiques de la Nouvelle-France sous les Cent-Associés 1632-1665, Bellarmin, Montréal, 1975.

Campeau, Lucien, «Montréal, fondation missionnaire»L’Église de Montréal, 1990. (Une série d’articles).

Campeau, Lucien, «Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve»Les Cahiers des dix, no 41, 1976, p. 157-174. (Sur http://Erudit.org).

Charbonneau, Hubert et al., Naissance d’une population. Les Français établis au Canada au XVIIè siècle, Paris/Montréal, PUF/PUM, 1987.

Daveluy, Marie-Claire, Jeanne Mance 1606-1673, Fides, Montréal-Paris, 1962.

Daveluy, Marie-Claire, La Société de Notre-Dame de Montréal 1639-1663, Son histoire, ses membres, son manifeste, Fides, Montréal-Paris, 1965.

Dechêne, Louise, Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle, Boréal, Montréal, 1988 (réédition).

Deroy-Pineau, Françoise, Jeanne Le Ber, la recluse au coeur des combats, Bellarmin, Montréal, 2000.

Deroy-Pineau, Françoise, Jeanne-Mance, de Langres à Montréal, la passion de soigner, Bellarmin, Montréal, 1995.

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Dollier de Casson, François, Histoire de Montréal, Eusèbe Sénécal, Montréal, 1871.

Dollier de Casson, François, Histoire de Montréal 1640-1672, réédition de 1992 par Marcel Trudel et Marie Baboyant, HMH, Montréal, 1992.

Duquette, Jean-Pierre (dir.), Montréal 1642-1992, Hurtubise HMH, Ville LaSalle, 1992.

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Tallon, Alain, La Compagnie du Saint-Sacrement (1629-1667), Spiritualité et société, Paris, 1990.

Triboulet, Raymond, Gaston de Renty 1611-1649, Un homme de ce monde, un homme de Dieu, Préface d’Henri Gouhier, Beauchesne, Paris, 1987.

Trudel, Marcel, «Les débuts d’une société: Montréal 1642-1663: étude de certains comportements sociaux», Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 23, no 2, 1969, p. 185-207. (Sur http://Erudit.org).

Vachon, André, «Dollier de Casson ou l’écriture à l’état naissant», Études françaises, vol. 28, no 2-3, 1992, p. 169-177. (Sur http://Erudit.org).

Les Relations des missionnaires jésuites (1632-1672), en version numérisée, Bibliothèque national du Québec.

http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/numtxt/relations.htm

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ÉDITORIAL. UN JUBILÉ À LA HAUTEUR D’UN PEUPLE (1642-2017) SUITE ET FIN

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(Page couverture du livre Histoire du Montréal de François Dollier de Casson. Nouvelle édition critique par Marcel Trudel et Marie Baboyant)

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(Portrait de François Dollier de Casson 1681)

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Les célébrations d’un 375è anniversaire de la fondation d’une ville qui a participé à l’émergence d’un peuple doit être l’occasion de se permettre quelques petites « fantaisies » qui pourraient venir bousculer notre confort et notre indifférence.

Voici pourquoi, la rédaction de VILLE-MARIE EXPRESS émet certains souhaits que certaines personnes en poste de responsabilités pourraient voir à mettre en oeuvre. On apprend, incidemment, que le diocèse de Montréal vient, enfin, de procéder à la nomination d’un coordonnateur des projets diocésains en lien avec le 375è anniversaire de la fondation de Montréal en la personne de Monsieur Charles Langlois, p.s.s. Mis à part les activités protocolaires, conventionnelles et liturgiques, nous avons hâte de savoir qu’elles sont au juste les projets diocésains prévus au programme. D’autant plus que par cette nomination tardive, nos éminences diocésaines donnent l’impression de découvrir, tout à coup, le 375è de Montréal. Comme si le colloque sur Jérôme Le Royer de La Dauversière tenu à La Flèche et au diocèse du Mans (8-9 avril 2016) n’avait pas existé. Comme si la Société historique de Montréal et Ville-Marie Express n’était pas aux aguets et en contact avec nos amis Fléchois. Je pense à M. Jean Petit et son épouse Nicole, M. Christophe Maillet, M. François Cléret, curé de la paroisse Saint-Thomas de La Flèche , Mmes Jeanine Blanche, r.h.s.j., et Armande Nicole, r.h.s.j. . Michel Boissinot. Sans oublier M. Jean-Paul Pizelle de Langres (Jeanne Mance), Mme Marie-Claire Feisthauer et M. Claude Feisthauer (Langres) et M. Jacques Cousin de Neuville-sur-Vanne (Maisonneuve). Qu’on nous permette de se demander ce qu’il y aura à coordonner. M’enfin comme disait Gaston Lagaffe.

Pour revenir à nos doléances, d’abord deux documents d’archives mériteraient d’être rapatriés temporairement à Montréal en 2017 concernent étroitement les origines de Montréal. Le premier est un brouillon corrigé et annoté, rédigé de la main même de Jérôme le Royer, donc un olographe, si l’on se fie à dom Guy-Marie Oury. Ce brouillon c’est le Dessein des Associés de Montréal, il se trouve aux Archives du Séminaire Saint-Sulpice à Paris.

Le deuxième document d’archive s’intitule Histoire du Montréal de François Dollier de Casson (1672) qui est, en quelque sorte, la première rédaction d’une histoire de Ville-Marie. Une photocopie du manuscrit original serait conservée à la bibliothèque Mazarine de Paris (Marie Baboyant et Marcel Trudel) tandis que selon les dires de dom Guy-Marie Oury, l’original se trouverait à la bibliothèque du séminaire de Saint-Sulpice à Paris.

Dans un tout autre ordre d’idée, nous avons mis la main sur une pièce de théâtre écrite par la romancière Laure Conan (1845-1924) intitulée Aux jours de Maisonneuve. Ce drame historique en cinq actes est une adaptation pour le théâtre de son roman l’Oublié, ouvrage littéraire couronné par l’Académie française en 1903 (prix Montyon).

Le roman comme la pièce raconte par l’entremise de l’imagination de l’auteure les amours du sergent-major Lambert Closse, l’un des hommes les plus appréciés de la jeune colonie, et d’Élizabeth Moyen autour des années 1660. Gravitent autours des deux principaux personnages, Maisonneuve, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, Monsieur de Queylus, Dollard et ses compagnons, M. et Mme D’Ailleboust.

La pièce fut créée le 21 mars 1921, par une troupe d’amateurs sur la scène du Monument national à Montréal. Malheureusement, la pièce n’a pas eu la même appréciation que le roman. Qu’importe, rares sinon inexistantes sont les oeuvres théâtrales québécoises mettant en scène l’époque de la colonie de Ville-Marie. Alors il serait à souhaiter qu’une troupe semi-professionnelle voire même professionnelle permettent aux Montréalais d’aujourd’hui de la voir et de l’apprécier.

L’an dernier, le 25 mai, plus précisément, le conseiller municipal de Marie-Victorin, Guillaume Lavoie dans un texte publié dans Le Devoir intitulé « Qu’en est-il de la dimension historique? » s’alarmait avec d’autres du peu de présence de l’histoire dans les activités du 375è.

À l’époque, nous avons eu un rendez-vous manqué avec M. Lavoie pour une proposition de projet. Nous tenterons sous peu une relance. Notre proposition concerne le Jardin botanique de Montréal. Pourrait-il être possible que cet espace vert porte le nom de Jardin botanique Marie-Victorin. Puisqu’il existe un Planétarium Rio Tinto Alcan sur le même lieu, il nous semble que l’ajout du nom du fondateur de ce Jardin soit dans l’ordre du possible et du souhaitable.

Le fameux vitrail de Jérôme Le Royer que l’on trouve et voit par hasard en se promenant sur les Cours Le Royer mériterait ne serait-ce que pendant l’année du 375è d’être pourvu d’un éclairage artificiel lorsque le soleil nous fait défaut que ce soit le jour ou la nuit. On objectera que puisque c’est un vitrail, il est à la merci du soleil. Qu’à cela ne tienne, un éclairage artificiel lui donnerait du lustre de jour comme de nuit surtout en ce 375è.

Je ne peux terminer cet éditorial rédigé en deux parties sans justifier un tant soit peu son intitulé à savoir Un jubilé à la hauteur d’un peuple (1642-2017). En quoi la célébration et la commémoration de la fondation d’une ville peuvent revendiquer vouloir être à la hauteur d’un peuple?

D’abord à l’instar de la fondation de Québec (1608), la fondation de Montréal (1642) doit être considérée comme ayant été à la base de la naissance d’un peuple issu de la France, à l’époque monarchique et catholique, et qui après bien des turbulences et des insouciances a su malgré tout ne pas juste survivre mais surtout résister et tenter, parfois vainement, parfois vaillamment, de vivre en tant que peuple dans la langue de Molière, de Voltaire, de Vignault, de Tremblay, et j’en passe.

Que cela plaise ou non, il nous faut savoir qu’il fut un temps, où l’Amérique boréale pouvait revendiquer le nom d’Amérique française qui se déployait sur un très grand territoire. Mais les aléas de l’histoire, particulièrement la Conquête britannique de 1760 puis la force de développement des États-Unis ont fait en sorte qu’en Amérique, nous sommes numériquement 2% de parlants français. Mais 80% ou presque au Québec.

Mais encore pire sous l’Empire britannique de 1760 à nos jours, on nous a mis sciemment en minorité partout dans les autres provinces et territoires sauf au Québec (80% approx.). Hélas, les héritiers du rapport Durham sont toujours à l’oeuvre pour tenter, inexorablement, de nous mettre ici aussi en minorité car ils savent très bien que la loi du nombre fait fi de tout. Bien sûr, il n’en tient qu’à nous de passer de statut de minoritaire à un statut de majoritaire mais cela c’est une autre affaire.

Donc, célébrer et commémorer la fondation de Montréal ce n’est pas seulement se divertir, s’éclater et surtout se travestir en anglais pour inciter les touristes à venir à Montréal en 2017 mais c’est d’abord se souvenir que le groupe de fondateurs et de fondatrices, que ce soit de la première, de la deuxième ou même de la troisième recrue, chacun et chacune à leur manière, n’ont pas seulement été à l’origine de la fondation d’une ville que ce soit Québec ou Montréal et celles qui ont suivie mais que ces fondations ont été le socle sur lequel s’est développé un peuple particulier en Amérique. Les Français d’Amérique devenus par la force des choses les Québécois, Cela sans oublier, le peuple Acadien et les minorités franco-canadiennes.

Et puis, quand on dit cela, ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas les « autres » et puis que l’on est grégaire et obtu. Vous allez voir au cours de l’été 2016 avec l’Euro (soccer) qui commence dans quelques jours (10 juin-10 juillet)  et les Jeux de Rio (5 août -21 août)  ce que c’est que le sentiment national. Quand l’Italie, l’Ukraine ou même la Turquie gagnera un match de foot, vous allez entendre selon le quartier que vous habitez la symphonie des klaxons pour dire comment on est heureux pour « notre » Italie, pour « notre » Ukraine, pour « notre » Turquie.

Et ce sentiment national se transmet de génération en génération sans savoir toujours comment l’expliquer. Allez vous asseoir à une terrasse de la Petite-Italie un jour de match de la Squadra Azzura (l’équipe italienne), vous n’y verrez pas que des vieux papi mais des jeunes adultes, des familles qui n’attendent qu’un but de l’Italie pour crier, s’époumonner et se réjouir du succès de leur équipe « nationale ».

Ouf! Tout ce grand détour pour expliquer nos attentes face aux célébrations et aux commémorations de la fondation de Montréal que nous voulons à la hauteur d’un peuple! D’un peuple comme les autres! Voire même d’un peuple mieux que les autres!

P. S. Ayant eu une mère italienne et un père québécois (canadien-français) pendant l’Euro mon coeur balance entre l’Italie et la France. Mais qu’importe, comme je demeure tout près de la Petite-Italie c’est là que je vais fêter! En attendant d’avoir une équipe québécoise même à l’intérieur de la confédération canadienne à l’instar des États constitutifs du Royaume-Uni comme l’Angleterre, l’Irlande du Nord et le Pays de Galles sans oublier l’Écosse qui, malheureusement, ne s’est pas qualifiée pour l’Euro 2016, trop épuisée par le référendum! Notre coup de coeur ira à l’Italie et à la France!

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LECTURES SUGGÉRÉES

Marcel Trudel et Marie Baboyant, L’Histoire du Montréal de François Dollier de Casson, Éditions Hurtubise HMH, Montréal, 1992.

Baboyant, Marie, Une mise à jour de l’histoire du Montréal de François Dollier de Casson (1672) dans Les Origines de Montréal, Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal, textes colligés par Jean-Rémi Brault, Leméac, 1992.

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L’article de Guillaume Lavoie, conseiller municipal du secteur Marie-Victorin.

http://www.ledevoir.com/politique/montreal/440899/375e-anniversaire-de-montreal-qu-en-est-il-de-la-dimension-historique

 

 

 

ÉDITORIAL. UN JUBILÉ À LA HAUTEUR D’UN PEUPLE (1642-2017)

logo (Groupe CNW/Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal)

b(Groupe CNW/Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal)

(Logo du slogan de la Société des célébrations du 375è)

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Reconnaissez-vous ce logo? Est-ce la première fois que vous le voyez? Si oui, ne vous inquiétez pas car vous aurez l’occasion de le revoir pendant au moins 375 jours. En effet, les festivités du 375è dureront 375 jours. Ainsi l’ouverture officielle des célébrations du 375è aura lieu le 21 décembre 2016.

Quand vous prenez le temps de décrypter le slogan de ce logo qui commence par Vive Montréal, cela ne vous rappelle-t-il pas un certain général venu de la mère-patrie qui, enfin nous avait retrouvés, et qui en conclusion de son célèbre discours sur le balcon de l’Hôtel-de-Ville de Montréal avait dans un élan de fièvre qui lui rappelait le temps de la Libération, s’était écrié « Vive Montréal…Vive le Québec… Vive le Québec libre… » On connaît la suite au plan diplomatique et politique.

Les relations diplomatiques franco-québécoises sont passées de l’ingérence politique gaullienne non indifférente à la fameuse notion de non ingérence, non indifférence pour aboutir depuis plusieurs années, peu importe la formation gouvernementale, dans une quasi-indifférence de l’histoire profonde de ce qui nous uni. Nous sommes loin du lien de proximité entre la France et le Québec qui permettait au général de parler de « Mon ami Johnson » (1966-1968) quand il parlait du premier ministre du Québec de l’époque.

Cela dit, venons-en à notre propos. Il ne faudra pas être naïf. Les célébrations du 375è seront, occasionnellement, contaminées par les célébrations marquant le 150è anniversaire de la Confédération canadienne. Nous en voulons pour preuve le projet d’illumination du pont Jacques-Cartier sous gestion d’une société fédérale pour lequel sur le site de la Société du 375è on y annonce que « Nous sommes fiers d’annoncer, dans le cadre du 150è anniversaire de la Confédération et du 375è de Montréal, la mise en lumière interactive du pont Jacques-Cartier grâce à la collaboration du gouvernement du Canada ». Comme on le constate, nos deux Sociétés de jubilaires pratiquent avec élégance le concept de non ingérence non indifférence!

La revendication de visibilité du gouvernement fédéral dans les différents projets québécois n’est pas nouvelle et elle s’explique par le contentieux historique entre les deux ordres de gouvernements depuis au moins la Révolution tranquille. Et pour la petite histoire, on pourrait même revenir au premier ministre du Québec Maurice Duplessis (1936-1939/1944-1959) avec sa célèbre injonction « Rendez-nous notre butin » en s’adressant au gouvernement fédéral. Cela dit, la participation financière du gouvernement fédéral pour les célébrations du 375è n’a pas la même signification que le financement des célébrations du 150è de la Confédération canadienne.

Dans le cas des premières, l’on célèbre la dimension historique d’un projet de fondation d’une société coloniale qui, bon an mal an, au fil des siècles, s’est développée jusqu’à aujourd’hui en donnant naissance à une ville. La deuxième ville française au monde après Paris! Dans le deuxième cas, l’on célèbre un système politique dans lequel, qu’on le veuille ou non, l’État québécois est annexé politiquement à une autre majorité qui détient par les différentes institutions fédérales (Chambres des communes, Sénat, et le reste) 75% du pouvoir politique.

Quand on n’a pas la mémoire courte, l’on se rappelle une certaine commission Gomery, qui avait étalé l’ensemble des stratagèmes du Ministère des Travaux publiques du gouvernement fédéral pour s’assurer une hyper-visibilité à différents événements en territoire québécois soutenue par une comptabilité créative. On connaît la suite.

Qu’on nous comprenne bien. Jusqu’à nouvel ordre, le gouvernement fédéral perçoit des taxes et impôt au Québec et il est de mise qu’il participe à divers financements au Québec. Il ne faut jamais perdre de vue que le Trésor public autant provincial que fédéral c’est le résultat des taxes et impôt venant des contribuables. Quant à nous, nous serons attentifs sur la possibilité de copinage trop flagrant entre le 150è et le 375è. Sûrement au grand déplaisir de notre bon maire Coderre! Qu’en sera-t-il au juste de tout cela en 2017? On connaîtra la suite sous peu.

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(Logo de la Société des célébrations du 375è. À ne pas confondre avec le logo du slogan du 375è)

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(Logo du Sesquicentenaire du Canada 1867-2017)

(La bande-annonce du projet d’illumination du pont Jacques-Cartier)

(Un morceau d’anthologie de l’histoire du Québec. Le discours de 6 minutes du général De Gaulle au balcon de l’Hôtel-de-Ville le 24 juillet 1967)

(Un petit bijou anecdotique ayant trait à une histoire de microphone mettant en scène le général De Gaulle et le maire de Montréal Jean Drapeau qui ici n’a pas été à la hauteur des idéaux de sa jeunesse. Voire entre autre son opposition à la conscription lors de la Deuxième Guerre mondiale 1939-1945)

JÉRÔME LE ROYER, SIEUR DE LA DAUVERSIÈRE (1597-1659)

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(Jérôme Le Royer de La Dauversière. Vitrail au Cours Le Royer (Vieux-Montréal). Oeuvre de Pierre Osterrah, maître verrier et sculpteur)

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(Une section de la rue Le Royer dans le Vieux-Montréal transformée en promenade appelée Les Cours Le Royer, bordée d’anciens magasins-entrepôts datant des années 1861-1872 maintenant aménagés en appartements et en bureaux. Photo: Normand Rajotte réalisée pour l’ouvrage L’histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004.)

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LIMINAIRE

17 Mai 2016, jour pour jour, date anniversaire de la fondation de Montréal, VILLE-MARIE EXPRESS présente très succinctement, l’homme derrière ce projet de fondation missionnaire sur l’île de Montréal. Nous saluons particulièrement, nos religieuses hospitalières de Saint-Joseph sises à Montréal sans oublier celles de La Flèche, héritières de la spiritualité et du dévouement voulu par leur fondateur. Nous avons aussi une pensée pour Marie de La Ferre, co-fondatrice de votre communauté.

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Jérôme Le Royer de La Dauversière. Il fut un temps où une commission scolaire de Montréal en portait le nom. Mais dans la foulée d’une reconfiguration du nombre de commissions scolaires au Québec, l’on en profita pour liquider cette appellation au profit de la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île. Ça au moins l’avantage d’être moins long à écrire. Admettons tout de même que c’est joli. Malgré tout, avouons que la toponymie montréalaise continue à mettre à mal sa mémoire historique. Soyons beau joueur et signalons, tout de même, que la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île a en son sein une école primaire du nom de La Dauversière qui longtemps porta le nom de Jérôme Le Royer!

Mais pour certains, Jérôme Le Royer de La Dauversière est le vrai fondateur de Montréal bien qu’il n’y ait jamais mis les pieds! Pour d’autres, c’est l’homme derrière le projet de Montréal ce qui n’est nullement faux au contraire. Et pour dom Guy-Marie Oury o.s.b. (1929-2000), et pour plusieurs, Jérôme Le Royer est l’homme qui a conçu Montréal.

En fait, Jérôme Le Royer, est, en quelque sorte et à sa manière, fondateur, homme derrière le projet de Montréal et celui qui l’a conçu. Il en aurait eu la vision au sens propre comme au sens figuré (1631). Il en a été l’âme, le catalyseur des énergies humaines qu’il sollicitait. Pour nous, en langage d’aujourd’hui, nous pouvons dire que l’homme de La Flèche (France) a été l’idéateur de ce projet. Il visualisait dans sa tête le Montréal qu’il envisageait de bâtir ou plutôt de faire bâtir par des cohortes de colons encadrés par des personnes de haute compétence mais surtout audacieuses. Mais une des choses qu’il n’avait pas prévue, c’est la résistance acharnée de la nation iroquoise à la venue et à l’installation des colons français en Amérique du nord et particulièrement sur l’île de Montréal. Là où jadis, une tribu iroquoise y avait installée son village du nom d’Hochelaga.

Jérôme Le Royer naît à La Flèche (France) en 1597, une petite ville en Anjou aujourd’hui située dans la Sarthe. On parle d’une population approximativement de 5000 habitants dont au moins un millier sinon davantage sont d’âge scolaire ou étudiant. Et qu’est-ce qui explique un tel nombre d’étudiants? Tout simplement à cause du réputé collège Henri IV tenu par les jésuites (aujourd’hui devenu le Prytanée militaire) établit à La Flèche.

Dès l’âge de 11 ans, Jérôme fréquente ce collège où il aura comme condisciple le futur philosophe René Descartes. Cogito ergo sum cela vous dit de quoi? Le Je pense donc je suis de nos premiers cours de philosophie. Mais encore mieux, il eût comme confrère d’étude Charles Huault de Montmagny, futur premier gouverneur de la Nouvelle-France (1636-1648). Jérôme Le Royer venait à peine de terminer ses études (1617) que son père meurt l’année suivante. Il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. C’est en 1622 alors qu’il atteint ses 25 ans soit la majorité à l’époque, qu’il accède officiellement au poste de percepteur des tailles (percepteur d’impôt) comme l’avait été son père précédemment.

Il contracte mariage en 1621 avec Jeanne de Baugé avec laquelle il aura cinq enfants. En comptant sur l’appui indéfectible de Jeanne et sur sa complicité, Jérôme en homme d’action cumulera plusieurs charges qui le mèneront à voyager régulièrement et à grever son budget comme on verra plus tard. Mais toute sa vie active reposera sur une vie intérieure nourrie de prières intenses et d’une dévotion sans pareil envers la Sainte-Famille autant comme une réalité globale vivante et vivifiante qu’envers les trois personnes qui la composent à savoir Joseph, Marie et Jésus.

Le 2 février 1630, mû par une inspiration divine dans un moment de prière intense, il envisage de fonder une communauté de religieuses non cloîtrées au service du vieil hôpital de La Flèche. Avec l’appui moral et financier de son indéfectible ami Pierre Chevrier, baron de Fancamp, il fait retaper l’Hôtel-Dieu de La Flèche et dédie une chapelle au nom de Saint-Joseph et le confie à cette nouvelle communauté de soeurs soignantes connue désormais sous le nom des religieuses hospitalières de Saint-Joseph.

Le projet d’établissement d’une colonie à Montréal venu aussi d’une inspiration divine se confirme dans l’esprit de Jérôme le Royer autour de l’an 1635. À cette époque, il rencontre opportunément, Jean-Jacques Olier, fondateur de Saint-Sulpice qui est lui aussi intéressé par un tel projet missionnaire. Mais occupé et préoccupé par le relèvement et la rénovation de l’Hôtel-Dieu de La Flèche, Le Royer doit repousser de quelques années le projet de Montréal.

Mais autour des années 1639-1640 le projet d’établissement sur l’Île de Montréal devient une priorité. Bien que Jérôme Le Royer n’ait jamais mis le pied sur le sol de Ville-Marie, sa charge de travail n’en n’est pas moins hautement méritoire. En collaboration avec son ami le baron de Fancamp, il s’assure de l’envoi des premiers approvisionnements. Et cela du début à la fin. Par approvisionnements, l’on entend denrées, outils, artillerie, munitions et tout le nécessaire sans oublier le courrier. D’ailleurs, à La Flèche, un entrepôt au nom de Montréal est à disposition. Et cela, sans oublier, l’incessant travail de recrutement de colons.

Mais un projet de colonie missionnaire dans un territoire du Nouveau Monde ne peut être l’apanage d’un seul homme aussi doué et dévoué soit-il. Jérôme Le Royer peut compter sur l’appui actif et financier d’une confrérie du nom de la Société de Notre-Dame de Montréal (1639-1663) dont Jean-Jacques Olier deviendra le directeur en mars 1650. Cette confrérie est en quelque sorte un réseau de contacts, composée d’hommes et de femmes, liés par des objectifs communs et qui s’active afin de faire aboutir un projet collectif.

Pendant près de vingt ans (1639-1659), Jérôme Le Royer, tout en cumulant différentes tâches et fonctions à La Flèche et dans le pourtour de l’Anjou, s’est consacré corps et âme, comme disent les anciens, pour l’édification de Ville-Marie. Il mourut en 1659, usé par le travail, les soucis, les préoccupations, et lesté par des dettes liées à ses différents engagements et particulièrement de son projet de colonisation missionnaire.

Mais pour les Fléchois comme pour les Montréalais, Jérôme Le Royer se classe dans la catégorie des Hommes d’exception. Épaulé par les membres de la Société Notre-Dame de Montréal, il a pu au fil du temps réunir autour du projet de Ville-Marie, des personnes comme Maisonneuve, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys dont les fruits sont encore visibles et palpables aujourd’hui en notre sol montréalais et en nos murs.

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LECTURES CONSULTÉÉS

Beaulieu Bertille, r.h.s.j., Jérôme Le Royer de La Dauversière 1597-1659, Les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, Montréal, 1994.

Oury, Guy-Marie, «La liquidation judiciaire des biens de Jérôme Le Royer de La Dauversière et le financement de Montréal», Les Cahiers des dix, no 49, 1994, p.51-73. (Article retracé sur le site Erudit.org)

Oury, Guy-Marie, «Le projet missionnaire de M. De La Dauversière, Premier Seigneur de Montréal», Études d’histoire religieuse, vol.59, 1993, p. 5-23. (Article retracé sur le site Erudit.org)

Oury, Guy-Marie, «Pierre Chevrier, baron de Fancamp, co-seigneur de l’Île de Montréal (Nouvelles Recherches), Les Cahiers des dix, no 47, 1992, 11-40. (Article retracé sur Erudit.org)

 

LECTURE SUGGÉRÉE

Brault, Jean-Rémi (dir.), Les Origines de Montréal, Actes du colloque organisé par la Société historique de Montréal, Leméac, Montréal, 1992.

 

 

 

 

 

 

16 MAI 2016. LES RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH FONT LA NOUVELLE

 

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(Comme indiqué dans la légende, voici par vue aérienne l’ensemble du site des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Source: Google Maps. Cliquez une première fois sur la photo, puis cliquez deux fois pour un meilleur focus)

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Nous apprenions ce lundi 16 mai, à la veille du 374ème anniversaire de la fondation de Montréal (17 mai 1642) ce qui semble être un heureux dénouement entre la communauté des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph et la Ville de Montréal, sous l’administration du maire Denis Coderre, qui va acquérir les terrains et les bâtiments de la communauté dans le secteur qui environne l’avenue des Pins, la rue Saint-Urbain et l’avenue du Parc afin d’en assurer la pérennité. Nous relayons pour de plus amples informations ce bel article ainsi que ce télé-reportage d’Anne-Marie Despatie sur ICI Radio-Canada.ca Info.

http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2016/05/16/002-montreal-acquisition-religieuses-hospitalieres-patrimoine.shtml?isAutoPlay=1